L’excellente Christine Pedi, habituée des Forbidden Broadway, s’amuse à imiter Liza Minnelli dans cette vidéo « Shit someone says… ». L’imitation est une réussite totale. Répliques cultes: A Lady Gaga: « Bobby would have loved you. Fosse. » ou à Beyoncé : « Billy Stritch should do your arrangements », rire plus vrai que nature, propension au name dropping délicieusement parodiée, Christine Pedi est vraiment impressionnante, et diablement talentueuse.
Estas viendo las entradas de la categoría Broadway, baby / Volver al inicio
Avenue Q à Paris
Bonne nouvelle, Lucy the slut et ses ami-e-s marionnettes et humains de Avenue Q débarquent enfin à Paris en février prochain à Bobino. L’adaptation est signée Bruno Gaccio, ancien auteur des Guignols. Et le cast est déjà formé. Tout semble indiqué que la prod a des moyens, donc nous n’assisterons sans doute à l’une de ces adaptations cheap que l’on voit parfois sur la scène parisienne… Toutes les infos sont sur le site d’Avenue Q.
Liza à l’Olympia le compte-rendu
Vous pouvez retrouver mon compte-rendu du concert de Liza à l’Olympia sur Yagg:
Sweeney Todd au Chatelet
C’est l’événement comédie musicale de cette saison. Après A little night music, l’an dernier, le Châtelet présente en ce moment un nouveau Sondheim: Sweeney Todd (livret: Hugh Wheeler).
Autant le dire tout de suite: c’est une grande réussite. Il y a peu d’endroits où l’on pourra voir un tel cast, avec une telle mise en scène, un décor aussi impressionnant et un orchestre aussi fourni. Sondheim lui-même s’en émerveille à longueur d’interviews. L’effet produit est donc maximal: dès le lever du rideau, les premières notes de la Ballade de Sweeney Todd vous prennent littéralement à la gorge et le Not While I’m Around de Toby vous serre le cœur.
Du côté des comédiens-chanteurs, sans atteindre le degré de folie de George Hearn et d’Angela Lansbury dans les rôles principaux, Rod Gilfry et Caroline O’Connor s’en tirent avec les honneurs. Étrange tout de même d’entendre une Ms Lovett avec une belle voix… Même chose pour les seconds rôles, avec une mention particulière pour la ténor Pascal Charbonneau, qui incarne Toby, dont l’aisance et la puissance dans les aigus est assez remarquable.
Les décors et la mise en scène m’ont semblé dans la lignée de ce qu’avait Harold Prince lors de la création (que l’on peut voir dans le DVD). Pas de réelle surprise de ce côté-là, mais une belle efficacité.
A ce titre, j’envie les spectateurs qui vont découvrir Sweeney pour la première fois. Ils ne considèreront sans doute plus jamais la comédie musicale de la même manière…
Espérons que le Châtelet va continuer à présenter un Sondheim tous les ans, avec cette même qualité. Allez disons Company en 2012 et Follies en 2013.
Encore un tour de pédalos: « Sois pédé! »

Vu cette semaine l’excellent Encore un tour de pédalos , sous-titré Je hais les gays, écrit, composé et mis en scène par Alain Marcel, auteur du génial Opéra de Sarah. Cette pièce fait suite à une autre, les Pédalos, écrite au début des années 80 en réaction à la Cage aux folles. Les quatre comédiens (de gauche à droite Yoni Amar, Philippe d’Avilla, Steeve Brudey et Djamel Mehnane, tous excellents) interprètent tour à tour plusieurs (stéréo)types d’hommes gays.
C’est admirablement bien écrit et verse rarement dans la facilité: pendant tout le spectacle, j’essayais de deviner les rimes et je n’y suis pas souvent parvenu. Certains numéros, comme « Nous, les fiottes » sont à se plier en deux et sont parmi les choses les plus drôles écrites sur l’homosexualité depuis longtemps (on pense à Torch Song Trilogy). J’ai moins aimé en revanche les chansons dramatiques sur le VIH ou sur les exécutions d’homos en Iran, un brin plus convenus.
Rien à redire sur la mise en scène, sobre et efficace.
Allez-y, il y a même un peu (ou beaucoup, c’est selon) de eye-candy.
Allez voir Show Boat au Châtelet!
Si vous avez le temps et/ou les moyens, foncez voir Show Boat au Châtelet. Une œuvre essentielle pour tout amateur de comédie musicale qui se respecte…
Vous pouvez lire ma critique ici: “Show Boat”: une oeuvre de légende au Châtelet
Et pour vous donner un avant-goût, l’un de mes numéros préférés, Can’t help lovin’ dat man:
Dorothy Loudon – Fifty percent
Cette chanson et son interprétation passionnée par Dorothy Loudon me donnent des frissons à chaque fois. Je ne connais pas la comédie musicale Ballroom, dont elle est extraite… (Laurent?) C’est la chanson définitive des maîtresses, des amantes, des « Other Women ».
Je retiendrais ces deux passages, totalement drama-queenesques (et donc parfaitement à propos):
But he says he loves me, and I believe it’s true
Doesn’t that make someone belong to you?
Et celui-ci:
So we have don’t have the memories
I have enough memories
I’ve watched enough mornings
I’ve cried enough evenings
I’ve had enough birthdays to know what I want
Et puis il y a ces quelques phrases finales, chantées avec une intensité rare, que je vous laisse découvrir…
Les paroles complètes peuvent être trouvées ici.
NB: Le son est mauvais au début de la vidéo, mais cela s’améliore à partir de la trentième seconde. La chanson ne commence véritablement qu’un peu plus tard, de toute façon.
A Little Night Music
Cette production de A Little Night Music était spéciale pour moi. A plusieurs titres:
- C’est la première fois depuis quarante ans qu’une œuvre de Sondheim est présentée en France. Celles et ceux que je saoule avec lui depuis des années vont enfin pouvoir comprendre de quoi je parle (j’en connais déjà un qui fait moins le malin).
- Ce n’est que la deuxième fois que j’assiste à une représentation d’un Sondheim (avec Assassins – j’ai vu Follies aussi, mais en version concert et West Side Story, mais ça ne compte pas vraiment), les autres œuvres ayant été vues en DVD ou uniquement écoutées.
- La première avait lieu le jour de mes 30 ans.
- Sondheim en personne était annoncé.
A Little Night Music met en scène les chassés-croisés amoureux de plusieurs couples dans la Suède du début du XXè siècle. Il y a un avocat vieillissant (incarné par Lambert Wilson), marié à une jeune femme de 18 ans ; son ancienne maîtresse, la comédienne, Désirée Armfeldt (Greta Scacchi) ; l’amant de celle-ci, ainsi que son épouse et la mère de Désirée, Madame Arfeldt, vieille courtisane, « qui en sait trop » (Leslie Caron).
J’ai assisté à deux représentations: la pré-générale (sans public) et la première. La seconde était heureusement la plus réussie, malgré le stress assez monumental que dégageaient certains comédiens, Lambert Wilson et Leslie Caron en tête (qui a oublié les paroles de sa chanson, et deux répliques). Comme toujours, Laurent de Paris Broadway, fait une critique très détaillée et fort juste, donc je vais plus insister ici sur mon ressenti.
C’est d’abord la qualité de l’écriture qui m’a frappée. Chaque mot, chaque note, chaque lyric semblent avoir été pesés (ce qui est sûrement le cas). Le livret de Hugh Wheeler remplit parfaitement sa mission de comédie. Les répliques et les traits d’esprits fusent (les lyrics ne sont pas en reste, à l’image de Now ou du très drôle You must meet my wife). Je connaissais déjà la musique, bien sûr, mais à l’entendre jouée ainsi, en situation, par l’Orchestre de Radio France, c’était presque comme si je l’entendais la première fois. Les cordes qui reprennent le thème de Send in the clowns à la toute fin du deuxième acte me font toujours le même effet et les élégantes Night Waltz (The sun won’t set et The sun sits low) me trottent toujours dans la tête, deux jours après la représentation.
Contrairement à Laurent, j’ai trouvé Lambert Wilson tout à fait à sa place, peut-être pas toujours au top côté chant, mais assez juste côté comédie. Greta Scacchi se révèle être une excellente comédienne et, en effet, elle gère plutôt bien ses limitations vocales (elle n’avait jamais chanté auparavant). Son Send in the clowns rappelle d’ailleurs beaucoup l’original, de Glynis Johns. L’arrivée dansée de Leslie Caron est très émouvante. Dommage qu’ il lui manque un peu de l’autorité et de l’ironie que l’on imagine être celles d’une ancienne courtisane à qui le roi des belges offrit un jour un duché. Le reste du cast est uniformément brillant et sert à merveille la partition.
Stephen Sondheim, que mon collègue Christophe et moi avons très légèrement stalké lors de l’entracte, est venu saluer à la fin (photo ci-dessous, avec le pantalon beige - et oui, nous étions loin, avec un petit appareil!). Selon l’équipe du Châtelet, il s’est dit très heureux de cette production, qu’il a trouvé très belle et très émouvante.
Un Sondheim, en présence de Sondheim, au Châtelet: c’est certain, je ne pouvais pas mieux débuter ma quatrième décennie.
Leslie Caron, qui dansa jadis aux cotés de Gene Kelly (Un américain à Paris) et Fred Astaire (Daddy Long Legs), est de retour sur scène au Chatelet dans A little night music, de Sondheim, où elle interprète le rôle de Madame Armfeldt. Je l’ai interviewée avec Christophe, il y a quelques jours… Nous n’avions que quelques minutes pour cela, mais la rencontre fut délicieuse. Il y a décidément de bons côtés à ce métier.Voir la vidéo ci-dessus.
Première du spectacle ce soir.
Hairspray à Londres
Vu Hairspray à Londres ce week-end. Très belle production, très efficace. L’œuvre commence à être connue: rien de révolutionnaire, mais des chansons entraînantes, des blagues en veux-tu en voilà (qui ne tombent jamais dans la vulgarité, contrairement à une partie du public, dont les rires mettaient parfois mal à l’aise), des décors au kitsch assumé, un cast pas mal du tout pour une fin d’exploitation (ça s’arrête fin mars): largement de quoi passer un bon moment.
L’une de mes répliques favorites est prononcée par la productrice WASP Velma von Tussle, lorsqu’elle voit sa fille en prison avec Tracy Turnblad et tout le cast du « Negro day »:
« Amber, what are you doing in here with all these… minorities? »
Jolie performance du comédien qui interprète Edna, Phil Jupitus, qui ne fait que souligner encore un peu plus l’absurdité du choix de Travolta pour l’adaptation au cinéma. Bref, je devrais aller faire un tour du côté du West End plus souvent.
Deux interviews en une semaine… on ne m’arrête plus! Voici Orlando, qui est passé dans les bureaux de Yagg pour parler de son spectacle, Rue du désir.
Voir la vidéo ci-dessous:
Perthus au Vingtième Théâtre
Perthus est une excellente pièce de Jean-Marie Besset. J’ai assisté à une représentation il y a quelques mois au Théâtre Marigny et j’en étais ressorti assez impressionné par la qualité de l’écriture et de l’interprétation. Elle reprend au Vingtième Théâtre à partir du 8 janvier. Ci-dessous vous pourrez voir le reportage que Yagg avait consacré à la pièce lors de son premier passage. Sur quatre acteurs, trois ont changé (les trois qui sont interviewés d’ailleurs). Heureusement, il reste le formidable Alain Marcel (également auteur de l’Opéra de Sarah).
Perthus (nom d’un village pyrénéen à cheval entre la France et l’Espagne) met en scène deux amis de lycée et leurs deux mères (toutes deux jouées par des hommes, dont Alain Marcel). L’un des deux amis est attiré par le seconde. Le premier est gay et fier de l’être, le second, c’est moins évident.
A voir.
[Edit] Pascal, l’attaché de presse de la pièce m’a envoyé ces photos de la nouvelle distribution.

Bright Room
A Bright Room Called Day est une pièce de Tony Kushner, l’auteur d’Angels in America. Elle est aujourd’hui présentée à Paris, sous le titre de Bright Room.
La pièce a été écrite en 1985. Elle est un cri de colère de l’auteur face à la réélection de Ronald Reagan et à son silence face au sida, alors en plein essor aux États-Unis. Kushner utilise un procédé risqué: il fait l’analogie entre la situation des États-Unis au début des années 80 et l’élection d’Hitler puis la mise en place d’un régime de terreur en Allemagne, entre 1923 et 1933. Analogie également employée par Larry Kramer et Act Up (cf. l’affiche « En 40, ils regardaient passer les trains… »)
La « Bright Room », c’est celle d’Agnès, jeune actrice un brin idéaliste. Autour d’elle gravite une petite bande d’amis, que l’avènement du nazisme va peu à peu séparer.
Je ne m’étends pas sur le sujet car nous aurons l’occasion de parler de la pièce sur Yagg. En tout cas, je vous la conseille vivement. Moins ambitieuse que Angels in America, cela n’en demeure pas moins une très bonne pièce, portée par beaux acteurs et une mise en scène sobre mais efficace. Rien à voir avec l’adaptation ratée de l’immense Torch Song Trilogy il y a quelques années…
Elle se joue du mardi 12 au dimanche 17 janvier 2010 à 20h au Théâtre de la Boutonnière (25 rue Popincourt,Paris 11e).
The Sound of Music au Chatelet
Premières images de The Sound of Music (La mélodie du bonheur), musique et paroles de Rodgers & Hammerstein, au Chatelet. Publié sur Yagg. Il faut que j’y aille!

Ai assisté à l’une des premières représentations de La dernière conférence de presse de Vivien Leigh. On ne pense pas forcément à Caroline Silhol quand on pense à Vivien Leigh, mais la comédienne, seule en scène, s’en tire plutôt bien. Le dispositif scénique est simple: deux fauteuils, une table, et dans le fond, une immense affiche d’Autant en emporte le vent. Le texte, sans être exceptionnel, est assez réussi, même si le titre faisant référence à une conférence de presse est un peu trompeur. La conférence de presse en question est très peu évoquée et ne sert que de prétexte à un long monologue sur la vie de Vivien Leigh, ses rôles dans Autant en emporte le vent ou Un tramway nommé désir, sa vie avec l’acteur anglais Laurence Olivier ou sa maladie (elle était bipolaire). La pièce se termine sur le déclin de l’actrice et c’est le moment où Caroline Silhol se montre le plus émouvante, à tel point que lorsqu’elle revient saluer, les larmes coulent encore sur son visage. Un beau moment de théâtre.








Xavier Héraud, 31 ans, journaliste, co-fondateur de