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Si vous avez le temps et/ou les moyens, foncez voir Show Boat au Châtelet. Une œuvre essentielle pour tout amateur de comédie musicale qui se respecte…

Vous pouvez lire ma critique ici: “Show Boat”: une oeuvre de légende au Châtelet

Et pour vous donner un avant-goût, l’un de mes numéros préférés, Can’t help lovin’ dat man:

Vu Hairspray à Londres ce week-end. Très belle production, très efficace. L’œuvre commence à être connue: rien de révolutionnaire, mais des chansons entraînantes, des blagues en veux-tu en voilà (qui ne tombent jamais dans la vulgarité, contrairement à une partie du public, dont les rires mettaient parfois mal à l’aise), des décors au kitsch assumé, un cast pas mal du tout pour une fin d’exploitation (ça s’arrête fin mars): largement de quoi passer un bon moment.

L’une de mes répliques favorites est prononcée par la productrice WASP Velma von Tussle, lorsqu’elle voit sa fille en prison avec Tracy Turnblad et tout le cast du « Negro day »:

« Amber, what are you doing in here with all these… minorities? »

Jolie performance du comédien qui interprète Edna, Phil Jupitus, qui ne fait que souligner encore un peu plus l’absurdité du choix de Travolta pour l’adaptation au cinéma. Bref, je devrais aller faire un tour du côté du West End plus souvent.

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Ai assisté à l’une des premières représentations de La dernière conférence de presse de Vivien Leigh. On ne pense pas forcément à Caroline Silhol quand on pense à Vivien Leigh, mais la comédienne, seule en scène, s’en tire plutôt bien. Le dispositif scénique est simple: deux fauteuils, une table, et dans le fond, une immense affiche d’Autant en emporte le vent. Le texte, sans être exceptionnel, est assez réussi, même si le titre faisant référence à une conférence de presse est un peu trompeur. La conférence de presse en question est très peu évoquée et ne sert que de prétexte à un long monologue sur la vie de Vivien Leigh, ses rôles dans Autant en emporte le vent ou Un tramway nommé désir, sa vie avec l’acteur anglais Laurence Olivier ou sa maladie (elle était bipolaire). La pièce se termine sur le déclin de l’actrice et c’est le moment où Caroline Silhol se montre le plus émouvante, à tel point que lorsqu’elle revient saluer, les larmes coulent encore sur son visage. Un beau moment de théâtre.

(post publié avec un peu de retard à cause des soucis avec ma banque, qui considère typepad comme de vulgaires fraudeurs)

Sympathique soirée que cette "Grande Fête du Théâtre Musical". Voici quelques observations:

  • Madame Raymonde est toujours aussi drôle, mais elle ne sait pas
    s'arrêter. Gaby Montbreuse aurait gagné à être citée deux ou trois fois
    de moins. Ceci dit, le coup de la fondation, info ou gag?
  • Jérôme Pradon devait être fier de son nouveau manteau long en cuir. Il l'a gardé à chaque performance. Il n'est pas censé faire chaud sous les projecteurs? 
  • Laurent Ban torse nu… Who cares?? Surtout quand on a Mathieu Boldron ou Thierry Picaut sur scène (pour un extrait de All that jazz, de Bob Fosse). Jolie performance au passage, même si Thierry P. a été gêné par son micro. En revanche, je ne me suis toujours pas remis des mouvements de bassin de Mathieu B.
  • Olivier Ruidavet est un excellent présentateur. Plus folle, tu meurs direct.
  • Je n'avais vu Isabelle Ferron que dans Un violon sur le toit, où elle interprétait (fort bien) Golde, la femme de Tevye. Et j'ai découvert un solide talent comique, grâce à son interprétation de Poil, extrait de Chienne (!). 
  • Isabelle et Franck Vincent ont justement repris Do you love me?, l'un des très beaux passages du Violon.
  • Liliane Montevecchi, absente, avait enregistré un (très long) message vidéo. Où elle chantait a capella Folies Bergères et Ne me quitte pas. Aïe aïe aïe les oreilles. 
  • J'adore la voix d'Annick Cisaruk. La chanson qu'elle interprétait (extraite de Camille C.) un peu moins.

Toutes les vidéos (moins On Broadway… bizarre) sont dispo sur le site de divamusic.fr

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En voilà un spectacle qu'il est bien. Jérôme Pradon, seul sur la scène du Théâtre de l'Oeuvre, évoque pendant plus d'1h30 la vie de Sarah Bernhardt, en interprétant l'actrice légendaire et toute une galerie de personnages (de sa mère à Napoléon III en passant par Alexandre Dumas ou sa nounou). Le texte et la mise en musique sont signés d'Alain Marcel. Cette première partie de l'Opéra de Sarah, intitulée Avant l'Amérique, est passionnante de bout en bout, tour à tour drôle, épique, émouvante. Les chansons, parfois de simples comptines (à l'image du très beau Fleur de lait, au début), se mélangent tout naturellement au texte. On en reste quasiment sans voix, à se demander non pas pourquoi ce spectacle est aussi bon, mais pourquoi le reste est souvent aussi mauvais.

Vivement la deuxième partie.

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Mieux vaut tard que jamais. Six ans après sa création, j'ai enfin assisté à l'hommage d'Isabelle Georges à Judy Garland, intitulé Une étoile et moi (Judy and me, en anglais). Avec l'aide de Frederik Steenbrink, Isabelle déroule la vie de Frances Gumm, alias Judy Garland, en émaillant le parcours de chansons. C'est simple, touchant, émouvant. Une grande réussite, susceptible de plaire même aux non-initiés.

A tel point, d'ailleurs, qu'on aurait préféré voir Isabelle Georges sur scène à l'Olympia, le soir où Rufus Wainwright est venu défendre son projet Carnegie Hall (tout en étant malade), ne serait-ce que pour la Trolley Song.

Vous pouvez lire l'interview d'Isabelle sur Yagg (réalisée par mes soins). Et/ou vous précipiter à la Péniche-Opéra, près de Stalingrad. C'est jusqu'à la fin de l'année.

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Dernière semaine de représentation pour la délicieuse Vanessa Hidden et son spectacle hommage à Marie Dubas, Yvette Guilbert et Yvonne Printemps, intitulé C’est toujours ça de pris !. Au cours de la petite heure de spectacle, l’interprète, accompagnée d’un pianiste, donne une seconde jeunesse à des chansons aussi mythiques que Le tango stupéfiant ("je me piiiiiique à l’eau de javel !"), Pedro ou Quand on vous aime comme ça … Si elle est parfaitement à l’aise sur le répertoire purement fantaisiste, Vanessa Hidden donne la pleine mesure de son talent et de sa voix sur les chansons d’amour comme C’est la saison d’amour, qui ouvre et clôt le tour de chant.

La mise en scène et les courts textes de liaison sont signés Stéphane Ly-Cuong. On retrouvera d’ailleurs Vanessa Hidden brièvement lors de la carte blanche de ce dernier, le 6 juin à la Cartoucherie.

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On avait laissé Fame et son horripilante chanson titre aux boums de 3ème. La boutonneux qui sommeille en nous n’étant jamais très loin, certaines personnes ont décidé de ressortir la chose du placard et d’en faire une comédie musicale sur scène. Ainsi, Fame – The Musical vit le jour en 1988. Puisqu’un bonheur n’arrive jamais seul, même 20 ans après, une adaptation française est actuellement à l’affiche au Théâtre Comedia, boulevard de Strasbourg.

Les mots nous manquent pour dire à quel point cette œuvre est médiocre. Livret qui enfile les clichés comme d’autres les perles, musique indigente, lyrics confondants de naïveté – ou vulgaires. On s’attend à retrouver la fièvre d’une école artistique new yorkaise du début des années 80 et on se retrouve avec la Star Ac mâtinée de Seconde B. Autant dire qu’on trouve le temps long.

Seule la sympathique troupe parvient à sauver la soirée du naufrage ("je retiens plus l’eau que le Titanic", dit justement une élève avec des problèmes de poids). Les danseurs et danseuses déploient une belle énergie, à l’image de Jean-Michel Vaubien, alias Tyrone, le rebelle dyslexique de la classe ou du magnifique danseur Sylvain Rigault. Seule erreur de casting, le rôle féminin principal : la jeune latino Carmen Diaz est interprétée par une jeune fille non-latino qui ne parvient pas insuffler le souffle nécessaire à la chanson titre (que l’on entend qu’une trentaine de secondes), cassant ainsi une bonne partie du rythme de la scène – l’une des plus réussies du show pourtant.

Jolie performance en revanche d’Annick Cisaruk, qui incarne la directrice, et en profite au passage pour administrer une leçon de chant aux forces en présence. Les autres font ce qu’ils peuvent avec le matériel qu’ils doivent interpréter, c’est à dire pas grand chose… La mise en scène et les chorégraphies, sans être révolutionnaires, permettent au moins de ne pas s’endormir. Ce qui en l’état est déjà beaucoup.

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"Petite, je voulais devenir un performer"
, explique Isabelle Georges dans son spectacle La French Touch. Force est de constater qu’elle a atteint son objectif et… qu’elle n’est pas avare de son talent. En près de deux heures de spectacles, la française chante un répertoire exigeant, danse, fait des claquettes, fait participer le public, porte un chapeau étrange, joue du kazoo. Pour ce spectacle, trois acolytes l’accompagnent : Frédérik Steenbrink, au piano et au chant, Stéphane Logerot, aux contrebasse, accordéon, guitare et chœurs et Philippe Dallais, batterie et chœurs.

Isabelle s’est faite connaître avec son récital Une étoile et moi, un hommage à Judy Garland. C’est donc une femme de goût et elle le prouve une fois de plus avec la sélection impeccable des titres chantés dans ce spectacle. Elle y navigue entre le répertoire de Maury Yeston, à qui elle a consacré un disque, Judy, avec un Alone Together magnifique, Over the rainbow (en rappel), Irving Berlin, avec Let Yourself Go, ou celui de Liza Minnelli et Aznavour, avec un très beau Quiet Love ou You’ve Let Yourself Go (respectivement Mon émouvant amour et Tu te laisses aller en français) ou Piaf. La chanteuse fait beaucoup penser à Liza : le look du premier acte, l’énergie communicative et le bagout portent incontestablement la marque de la Minnelli. Et ce n’est pas sur ce blog qu’on songera à s’en plaindre. Mais c’est sans doute la performance vocale qui marque le plus, tout particulièrement lorsqu’Isabelle descend dans les graves où sa voix prend une belle et émouvante couleur veloutée.

Sans doute la meilleure interprète française du répertoire de la comédie musicale. Une des rares, en tout cas, qui pourrait se produire devant un public américain sans avoir à rougir.

Ci-dessous, Over the rainbow, tiré de l’album Something To Live For.

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Comme promis il y a des lustres, voici deux extraits du concert de Barbara Cook le 2 décembre dernier au London Coliseum [compte-rendu ici]. Le premier est un sublime enchaînement de I’m Through With Love et du Smile de Charlie Chaplin. Le deuxième est le fameux Make Our Garden Grow, extrait de Candide de Leonard Bernstein, chanté avec la chorale locale… La qualité est évidemment très faible (quoique Make Our Garden… est un peu mieux que l’autre), mais ça vous donnera un bon aperçu ou vous rappellera quelques souvenirs si vous y étiez.

   


music player
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Une jolie réussite. Adapter Sondheim au cinéma est tout sauf évident. Tim Burton s’en tire avec les honneurs. L’oeuvre est globalement bien respectée. Les quelques coupes dans les chansons et le livret tendent parfois à simplifier les personnages ou certaines situations (le juge notamment), mais le film s’en trouve dynamisé.

On craignait beaucoup des voix des interprètes, Johnny Depp, dans le rôle titre et Helena Bonham Carter, dans celui de Ms Lovett, notamment. Si la seconde sonne parfois un peu juste, le premier s’en tire plutôt bien – son interprétation assez pop a le mérite de rendre un peu plus accessibles certaines chansons pas forcément évidentes à première écoute avec une voix plus opératique.

La musique bénéficie d’un large orchestre. Jonathan Tunick, aux orchestrations et Paul Gemignani à la conduction – deux vieux habitués du répertoire sondheimien – s’en donnent visiblement à coeur joie. Quel plaisir d’entendre La ballade de Sweeney Todd dans une salle bien sonorisée… Dommage qu’elle soit ici seulement instrumentale, alors qu’elle joue le rôle de choeur grec dans la pièce. Swing your razors wide, Sweeney…

Les seconds rôles sont excellents, Alan Rickman en juge Turpin en tête. Sacha Baron Cohen en Pirelli est également très convaincant, et le jeune acteur qui interprète Anthony est fort joli. Petite nouveauté à signaler pour Toby, qui est habituellement un jeune adulte un peu lent d’esprit : c’est ici un enfant. Peu importe, Not While I’m Around est toujours aussi beau. 

Le seul point qui me gêne vraiment, c’est le style Burton, un peu toc. Une histoire comme celle de Sweeney aurait gagné a être traité avec une image plus sale, des travellings moins jolis. Mais on ne serait plus chez Burton…

Espérons que ce film pourra servir d’introduction à l’oeuvre de Sondheim pour un large public. On aimerait juste voir la promo du film assumer un peu plus le côte musical du film. Nombreux sont ceux qui doivent être un peu surpris de ce trouver devant ce film très musical, alors qu’à aucun moment le film n’a été vendu comme tel…

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Barbara Cook était à Londres le 2 décembre dernier pour un concert de charité au profit d’une association de lutte contre le sida. L’événement était intitulé "Barbara Cook & friends". Pour l’occasion, la chanteuse, qui célèbre également ses 80 printemps, avait convié une poignée d’artistes du West End. Le programme avait une certaine gueule : ouverture et finale avec Candide, de Bernstein, du Sondheim, du Rodgers & Hammerstein, du Irving Berlin, etc. Que n’a-t-il été pollué par les interventions de la plupart des "friends" !  A l’exception de la formidable Sian Phillips et d’une certaine Anna Nicholas, tous se sont montrés indignes du concert dans lequel ils se trouvaient. La faute au répertoire choisi (des lloyd weberies ou pire) et à des interprétations sans saveur. La "first lady" du West End, Elaine Page, n’a pas dérogé à la règle en chantant I know him so well, de Chess ("Une de mes partitions préférées" et elle est signée de… ABBA) et une version très Le Cri de Cry me a river (celui d’Arthur Hamilton, pas de Justin Timberlake). Même Daniel Evans, pourtant auréolé de son interprétation dans Sunday in the Park…, et Ruthie Henshall, très en beauté, se sont révélés fades.

Fort heureusement, le tour de chant de Barbara Cook a justifié à lui seul le prix relativement élevé des places. A 80 ans, la "légende" – le mot a été martelé par le speaker – n’a rien perdu de son sens de l’interprétation. Et combien d’artistes de son âge peuvent se vanter d’avoir une voix aussi préservée ? Ses chansons, Barbara Cook les a déroulées comme on remonte le fil de sa mémoire, livrant souvent une anecdote expliquant le choix de tel ou tel titre. Même si elle se fait plaisir avec des chansons plus rythmées comme Ac-cen-tchu-ate the Positive, d’Arlen et Mercer ou cette étrange chanson où elle va jusqu’à imiter des aboiements ("if our little doggies can fall in love / why can’t we ?"), c’est sur les ballades qu’elle est la meilleure, avec une interprétation en apesanteur de No one is alone (Sondheim) ou un magnifique enchaînement, dans un silence religieux, de I’m through with love et Smile. C’est donc devant un public largement conquis qu’elle a pu entamer les premières phrases de Make our garden grow de Candide. Ce moment de grâce a malheureusement été légèrement gâché par le tempo trop rapide pris sur la chanson, que l’Ensemble a eu manifestement du mal à suivre. En rappel, la chanteuse a chanté sans micro un très beau titre, que je ne connaissais pas. Histoire de montrer à ceux qui en doutaient qu’à 80 ans, elle reste l’une des meilleures interprètes du répertoire de la comédie musicale.

PS : Dès que j’ai récupéré un ordinateur digne de ce nom, je mets en ligne quelques extraits du concert, enregistré sur mon dictaphone numérique. Stay tuned. Et après promis, j’arrête avec Barbara Cook.

Wss
Now, this is how you do a musical, bitch
. Magnifique production de West Side Story au Chatelet. La comédie musicale fête ses 50 ans et pour l’occasion, l’auteur du livret, Arthur Laurents, est venu en personne encourager le cast, peu avant la répétition générale. Que l’oeuvre soit géniale n’est pas franchement une découverte, mais elle est ici particulièrement mise en valeur, grâce notamment à un cast irréprochable. Les Tony, Maria et Anita qui jouaient lors de la générale (ils sont remplacés par trois autres comédiens un soir sur deux) sont tous les trois très justes, très touchants. Je ne dis rien sur le Bernardo, vous comprendrez en le voyant… Une chose peut-être : si vous possédez des jumelles, c’est le moment de les sortir.

L’orchestre, de son côté, livre une belle interprétation de la partition de Leonard Bernstein. Quelle partition, d’ailleurs… C’est un choc à chaque écoute. Et le choc est d’autant plus grand lorsque la musique retentit dans un théâtre. Difficile de retenir ses larmes sur Maria, One hand, one heart ou I have a love… Contrairement à Candide, l’autre grande comédie musicale de Bernstein, la partition est ici en osmose avec le livret, les paroles de Stephen Sondheim et la mise en scène légendaire de Jerome Robbins, ici recréée à l’identique. Les chorégraphies de ce dernier n’ont pas pris une ride. Pour l’anecdote, signalons un beau moment gay pendant le ballet
Somewhere… Là aussi, je n’en dis pas plus, vous le verrez par
vous-même.

Un seul (petit) bémol à cette production. Si vous ne connaissez pas l’oeuvre et/ou que vous ne comprenez pas très bien l’anglais, il n’est pas inutile de voir le film ou lire les paroles avant d’aller assister une représentation. Car ce ne sont pas les médiocres surtitres qui vont vous aider… Quand ils ne sont pas complètement décalés, leur traduction laisse franchement à désirer ("je sens qu’un truc super va arriver !" sur Something’s coming… heureusement que Sondheim n’est pas là) et plus de la moitié des répliques ne sont pas traduites. On ne peut pas traduire mot à mot, mais quand même…

Pour finir, j’ai cru comprendre que les deux précédentes productions de West Side Story à Paris n’avaient pas laissé un souvenir impérissable à ceux qui les avaient vues. Les deux personnes qui m’accompagnaient sont formelles, cette production-ci est bien supérieure. Dépêchez-vous donc d’acheter vos places, si ce n’est déjà fait [acheter des places sur le site du Chatelet].

J’ai aimé :

  • La scène d’ouverture. Ce n’est pas une légende : elle est magnifique et donne des frissons.
  • La mise en scène de Julie Taymor. On a beaucoup écrit dessus, là aussi à juste titre. Inventive, poétique, c’est le véritable atout du spectacle.
  • Les décors et les lumières. Ah cette nuit à la belle étoile… On s’y serait cru.
  • Les interprètes de Zazu, Timone et Pumbaa. Tous les trois sont très drôles.
  • Olivier Breitman. Son Scar en vieille folle aigrie est un régal. Le rôle n’est pas très gâté en subtilité, Breitman lui en donne un peu.
  • Jérémy Fontanet. Son torse est déjà entré dans la légende et le reste ne devrait pas tarder à le rejoindre. Son timbre est magnifique.
  • Les danseurs. Zexy.
  • Quelques jolies chansons. Ce n’est pas du Sondheim ou du Ebb et Kander, mais certaines ont du charme. Elton John peut dire merci aux arrangements de Lebo M (et à ses chansons additionnelles).
  • Thibault Durand qui se dandine dans son rhinocéros pendant les applaudissements.

Je n’ai pas aimé :

  • Jee-L. Il est bien meilleur chanteur que comédien. Son Mufasa manque de profondeur. Le simplisme du rôle ne l’aide pas, il est vrai.
  • Jérémy Fontanet. Autant il est tout à fait crédible et touchant en jeune chien lion fou au début du deuxième acte, autant il ne parvient pas à convaincre lorsque les plaies du personnage s’ouvrent à nouveau. Du coup, son duel avec Scar sonne complètement faux, tout particulièrement lorsqu’il lui lance "Abdique !" avec l’air d’un gosse à qui on aurait piqué son jouet. Par ailleurs, il est un peu juste vocalement sur Longue est la nuit et Il vit en toi.
  • Le livret. Même si la mise en scène parvient parfois à le faire oublier, tout cela est quand même bien cul-cul la praline. Mention spéciale à la voix off de Mufasa qui vient gâcher la séquence Il vit en toi, pourtant l’une des plus belles du spectacle. Et elle revient à la toute fin si mes souvenirs sont bons, avec une réplique du style "Souviens-toi". Cela m’a rappelé un copain qui parodiait Dark Vador en prenant sa voix et en lançant "Luke, ta mère je suis."
  • Le côté enchaînement de tableaux.
  • Quelques problèmes de prononciation, sans doute pas aidés par un orchestre qui noyait parfois les voix. Toujours est-il qu’on ne comprenait pas la moitié des passages chantés. Ce qui est assez dommage.
  • Certains passages instrumentaux, qui confinent à l’indigence.

Résumé : C’est toujours très beau à voir, souvent à entendre mais il y encore une bonne marge de progression. Cela vaut le déplacement, en tout cas.

Cabaret_reprise_4

Cabaret
a repris depuis quelques jours… J’y suis allé faire un tour hier soir. Ce n’était sans doute pas la meilleure performance de la troupe (petite forme pour Fabian Richard, notamment, malgré un excellent Je m’en fous), mais tout cela reste d’un très bon niveau. Le Tomorrow belongs to me me donne toujours autant de frissons… Et les comédiens sont toujours aussi sexy, mention spéciale à "Hans" et "Victor"…

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