Estas viendo las entradas de la categoría J’y suis allé / Volver al inicio

Groupe_2

Première de Panique à Bord, la comédie musicale de Stéphane Laporte et Patrick Laviosa hier soir. Le XXè théâtre plein à craquer. Pas mal de têtes connues, dont un Denis d’Arcangelo avec une curieuse teinture rouge. Comme le dit Stéphane Laporte : "si une bombe explose ce soir dans la salle, le théâtre musical parisien est réduit à néant". "Et une bombe va exploser…", a-t-il ajouté en faisant référence à l’intrigue du musical. En fait d’explosions ce sont surtout des éclats… de rire qui ont fusé tout la soirée. Je ferai sans doute la critique pour Regard en Coulisse, donc je ne m’étends pas sur le sujet. Quoi qu’il en soit, si vous voulez vous détendre et travailler vos zygomatiques, foncez-y !

Hairspray_221x3161
Difficile de résister à Hairspray. L’adaptation du musical inspiré par le film de John Waters est une petite merveille de légèreté. N’ayant pas vu le film de Waters, je peux néanmoins comprendre les reproches qui ont été faits à ce film-ci. Mis à part l’apparition furtive du maître trash en personne, tout cela est bien lisse. On imagine sans peine qu’un Travelota Travolta grimé en américaine obèse n’a pas la même aura sulfureuse qu’une Divine. On aurait bien tort cependant de bouder son plaisir. La musique joue un grand rôle dans la réussite du film. La jeune Nikki Blonsky et le jeune et magnifique Elijah Kelley (qui a inspiré une note à Yvonne) et Queen Latifah – qui a fait des progrès en chant depuis Chicago – y sont également pour beaucoup. En revanche, Zac Effron, dans le rôle de Link, le beau gosse blanc du lycée, est totalement transparent et Michelle Pfeiffer un peu trop caricaturale. Quelques longueurs et parfois quelques lourdeurs, mais je défie quiconque de ne pas se trémousser dans son fauteuil de cinéma lorsque survient le finale You can’t stop the beat.  Une pure comédie musicale, dans ce qu’elle peut voir de plus réjouissant.

Mycache
C’était sans doute le meilleur spectacle présenté dans le cadre du Prix Découverte lors du Festival Les Musicals et il a d’ailleurs obtenu une "mention spéciale" du jury. Une partie de cache-cache se joue encore une semaine au tout petit théâtre de l’Article, près de République et de quelques stations Vélib’.
Le compte-rendu de spectacles n’étant pas un genre dans lequel je me distingue particulièrement, je vous renvoie au très bon article de Thomas Schmidt sur Regard en Coulisse [lire l'article]. Que dire de plus sinon que c’est remarquablement bien écrit (Nicolas Engel, livret et paroles, Raphaël Callendreau, musique), mis en scène (Nicolas Engel et Sarah Heitz-Ménard, scènographie) et interprété (Juliette Laurent). Le tout concourre à créer une ambiance tout à fait particulière, qui ferait presque passer Les Autres, avec Nicole Kidman pour Les demoiselles de Rochefort. Il faut voir Juliette notamment quand elle se brosse les cheveux dans le sens inverse du poil – ou du cheveu en l’occurence ou lorsqu’elle converse avec ses poupées imaginaires. Et mention également au texte, qui ne tombe jamais dans la facilité, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.
Il ne reste que trois représentations d’ici le 29. Foncez-y.

Dents
Feriez-vous confiance à un hétérosexuel pour chroniquer, je ne sais pas, du… Bernadette Peters ou du Rufus Wainwright ? Oui, moi non plus. Dans ces conditions, on voudra bien ne m’accorder aucun crédit pour chroniquer Jusqu’aux dents. Le spectacle de Thierry Boulanger, Alyssa Landry et Emanuel Lenormand, se jouait (notamment) hier devant une partie non-négligeable de la musicalocratie gay parisienne. Le nom peut prêter à confusion, donc clarifions : Jusqu’aux dents n’est pas un pamphlet anti-armes, mais une comédie "obstétricale". Le pitch : un compte à rebours en-chanté avant l’accouchement pour trois amies.  Les trois comédiennes interprètent des personnages un rien caricaturales. Il y a la catho, la baba-cool, et la directrice de mode, chacune est identifiée par une couleur, respectivement jaune, bleu et rouge. Des trois, c’est la deuxième, Amanda Fahey, qui a la plus belle voix, une magnifique voix grave de jazz woman. S’il y a quelques longueurs ici ou là, le tout est plutôt bien enlevé, avec, entre autres la chanson Coupable / Non coupable, et ses relents du Cell Block Tango de Chicago. Ceci étant dit, le spectateur gay de base aura du mal à ne pas sentir un peu étranger à tout ça, malgré quelques moments gay-friendly remarqués ("Martinien, enlève les talons aiguilles de Maman !", lors de la scène du choix des prénoms) ou un peu maladroits ("avouer son homosexualité", pleeeeease…). Le même spectateur pourra aussi se demander pourquoi CHAQUE spectacle à connotation hétérosexuelle met toujours un point d’honneur à caser le mot "levrette", le "L Word" hétéro (en alternance avec "vaseline") quelque part. La réponse fuse pourtant, sans appel. Parce que tout simplement ça fait toujours rire une partie de la salle. Je vous laisse deviner quelle partie. On appelle ça un "cultural gap". Essayez donc d’expliquer le concept de "fabuleuse" à un homme à femmes… La conclusion est que la comédie "obstétricale" LGBT reste à écrire. Mais le titre serait sans doute plus compliqué : "Jusqu’aux dents de ma femme-c’est-elle-qui-porte-le-gosse-moi-je-suis-le-parent-social" ou "Jusqu’aux dents de mon amie lesbienne-avec-qui-on-va-partager-la-garde" ou encore "(Coup de boule)-Jusqu’aux dents-de-sarkozy-qui-nous-laissera-pas-adopter-le-bâtard". Que du fun en perspective.

Sp_5474_m
Les hors la loi
est une commande de Dove Attia, producteur des mastodontes de la comédie musicale française (Le Roi Soleil, les 10 commandements) et inéffable juré de la Nouvelle Star. L’idée était de monter une pièce qui traite du thème du handicap. Celui qui a relevé le défi c’est est Alexandre Bonstein, que l’on a pu voir dans de nombreuses pièces et qui a notamment écrit l’hilarant Créatures. Et il l’a fait avec son talent et son humour habituel. Petite déception en le voyant, il n’y a pas de chansons originales, mais des titres de variété française, en relation avec le thème des "Hors la loi" (Eddy Mitchell, Joe Dassin, Gainsbourg, etc.), interprétés avec une simple guitare et un piano. L’histoire est assez simple : les pensionnaires de la Maison Bleue, une institution qui accueille des personnes handicapées, répète un spectacle.  Ils attendent un prof de théâtre. Débarque alors soudain, Robert et Gégé, deux prisonniers en cavale. La directrice de la Maison Bleau, Melle Campiche, prend Robert pour le prof de théâtre et Gégé pour son assistant. Ces deux dernièrs décident de se planquer dans la Maison Bleue et ils vont se retrouver mêlés au spectacle plus ou moins malgré eux.
Les hors la loi est une belle réussite. La pièce en elle-même ne sombre jamais dans la mièvrerie, bien au contraire, les artistes non valides n’hésitent pas à se moquer d’eux-mêmes avec une fraîcheur salutaire (voir notamment la scène où Mouss, le patient sourd, imite une conversation sur un mobile). Ariane Pirie est fidèle à elle-même, c’est à dire absolument hystérique (d’où vient que le génie comique de cette actrice soit si peu reconnu ?) et pour une fois, Alexandre Bonstein – un peu en retrait par rapport aux autres comédiens, reste habillé ! La mise en scène d’Agnès Boury pendant les numéros chantés est très réussie, sobre et efficace. Au final, une petite pièce sans prétention qui fait passer un très bon moment.

[Edit] : Par rapport au commentaire d’Olivier R., j’ai eu le fin mot de l’histoire en appelant Patrick Laviosa, qui joue le rôle de Gégé. Effectivement, Alexandre Bonstein n’est pas comédien sur les Hors la loi, seulement son auteur. Toutefois, le 12 mai, aucun des trois comédiens qui joue le rôle de Carlo n’était disponible, et Alexandre a accepté de reprendre le rôle au pied-levé. C’est à cette représentation que j’ai assisté.

RSS