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Mycache
C’était sans doute le meilleur spectacle présenté dans le cadre du Prix Découverte lors du Festival Les Musicals et il a d’ailleurs obtenu une "mention spéciale" du jury. Une partie de cache-cache se joue encore une semaine au tout petit théâtre de l’Article, près de République et de quelques stations Vélib’.
Le compte-rendu de spectacles n’étant pas un genre dans lequel je me distingue particulièrement, je vous renvoie au très bon article de Thomas Schmidt sur Regard en Coulisse [lire l'article]. Que dire de plus sinon que c’est remarquablement bien écrit (Nicolas Engel, livret et paroles, Raphaël Callendreau, musique), mis en scène (Nicolas Engel et Sarah Heitz-Ménard, scènographie) et interprété (Juliette Laurent). Le tout concourre à créer une ambiance tout à fait particulière, qui ferait presque passer Les Autres, avec Nicole Kidman pour Les demoiselles de Rochefort. Il faut voir Juliette notamment quand elle se brosse les cheveux dans le sens inverse du poil – ou du cheveu en l’occurence ou lorsqu’elle converse avec ses poupées imaginaires. Et mention également au texte, qui ne tombe jamais dans la facilité, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.
Il ne reste que trois représentations d’ici le 29. Foncez-y.

Dents
Feriez-vous confiance à un hétérosexuel pour chroniquer, je ne sais pas, du… Bernadette Peters ou du Rufus Wainwright ? Oui, moi non plus. Dans ces conditions, on voudra bien ne m’accorder aucun crédit pour chroniquer Jusqu’aux dents. Le spectacle de Thierry Boulanger, Alyssa Landry et Emanuel Lenormand, se jouait (notamment) hier devant une partie non-négligeable de la musicalocratie gay parisienne. Le nom peut prêter à confusion, donc clarifions : Jusqu’aux dents n’est pas un pamphlet anti-armes, mais une comédie "obstétricale". Le pitch : un compte à rebours en-chanté avant l’accouchement pour trois amies.  Les trois comédiennes interprètent des personnages un rien caricaturales. Il y a la catho, la baba-cool, et la directrice de mode, chacune est identifiée par une couleur, respectivement jaune, bleu et rouge. Des trois, c’est la deuxième, Amanda Fahey, qui a la plus belle voix, une magnifique voix grave de jazz woman. S’il y a quelques longueurs ici ou là, le tout est plutôt bien enlevé, avec, entre autres la chanson Coupable / Non coupable, et ses relents du Cell Block Tango de Chicago. Ceci étant dit, le spectateur gay de base aura du mal à ne pas sentir un peu étranger à tout ça, malgré quelques moments gay-friendly remarqués ("Martinien, enlève les talons aiguilles de Maman !", lors de la scène du choix des prénoms) ou un peu maladroits ("avouer son homosexualité", pleeeeease…). Le même spectateur pourra aussi se demander pourquoi CHAQUE spectacle à connotation hétérosexuelle met toujours un point d’honneur à caser le mot "levrette", le "L Word" hétéro (en alternance avec "vaseline") quelque part. La réponse fuse pourtant, sans appel. Parce que tout simplement ça fait toujours rire une partie de la salle. Je vous laisse deviner quelle partie. On appelle ça un "cultural gap". Essayez donc d’expliquer le concept de "fabuleuse" à un homme à femmes… La conclusion est que la comédie "obstétricale" LGBT reste à écrire. Mais le titre serait sans doute plus compliqué : "Jusqu’aux dents de ma femme-c’est-elle-qui-porte-le-gosse-moi-je-suis-le-parent-social" ou "Jusqu’aux dents de mon amie lesbienne-avec-qui-on-va-partager-la-garde" ou encore "(Coup de boule)-Jusqu’aux dents-de-sarkozy-qui-nous-laissera-pas-adopter-le-bâtard". Que du fun en perspective.

C’est aujourd’hui que commence le premier Festival des Musicals à Paris. Passé la bande annonce un peu nunuche, deux choses sont à retenir :
1. Il est possible d’acheter un Pass pour obtenir des places à tarifs réduits pour 25 spectacles, dont Cabaret, Le Chanteur de Mexico (repris au Chatelet), ou Camille C..
2. Une dizaine de spectacles sont en compétition pour le Prix Découverte au XXè Théâtre [liste ici].
3. Vous pouvez suivre le programme sur la page MySpace du Festival.

Chance_meryJe suis allé voir Chance grâce à un lecteur de ce blog qui fait partie du cast. J’avais prévu de le voir, de toute façon, mais être invité ça facilite toujours les choses. Rien à voir avec Un violon sur le toit chronoqué ici plus avant, ni pour la taille, ni pour la qualité, Chance est une petite comédie musicale française, écrite par un certain Hervé Devolder, sans prétention si ce n’est de faire passer un bon moment à ses spectatrices et spectateurs. L’action a lieu dans un cabinet d’avocats légèrement tire-au-flanc. Ayant l’habitude de jouer au loto en commun, ils sont supris un jour de gagner le gros, soit 99 millions d’euros. Leur vie va en être bouleversée. La comédie est entièrement chantée, pas de dialogue intempestif. Le style musical est proche de la variété, sans pour autant tomber dans le cul-cul à la Notre Dame de Paris ou autre niaiserie. Ici, le but est de faire rire. Et tous les acteurs et actrices s’y emploient, parfois avec maladresse, comme cette secrétaire censée être anglaise à qui l’actrice fait un accent incompréhensible, mais souvent en faisant mouche. La version à laquelle j’ai assisté était "acoustique". La pièce a été jouée au Dejazet puis au Trianon, en province avant de revenir au Théâtre Méry, dans une version allégée, sans doute dûe à la taille de la scène. Les comédiens sont donc accompagnés d’un piano et d’une guitare, et quelque fois font eux-mêmes des percussions. Voilà, ce n’est pas du Sondheim ou du Tennessee Williams, c’est plutôt destiné à un public trentenaire-quadra hétéro, mais cela n’empêche pas de passer un bon moment.

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