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Difficile de résister à Hairspray. L’adaptation du musical inspiré par le film de John Waters est une petite merveille de légèreté. N’ayant pas vu le film de Waters, je peux néanmoins comprendre les reproches qui ont été faits à ce film-ci. Mis à part l’apparition furtive du maître trash en personne, tout cela est bien lisse. On imagine sans peine qu’un Travelota Travolta grimé en américaine obèse n’a pas la même aura sulfureuse qu’une Divine. On aurait bien tort cependant de bouder son plaisir. La musique joue un grand rôle dans la réussite du film. La jeune Nikki Blonsky et le jeune et magnifique Elijah Kelley (qui a inspiré une note à Yvonne) et Queen Latifah – qui a fait des progrès en chant depuis Chicago – y sont également pour beaucoup. En revanche, Zac Effron, dans le rôle de Link, le beau gosse blanc du lycée, est totalement transparent et Michelle Pfeiffer un peu trop caricaturale. Quelques longueurs et parfois quelques lourdeurs, mais je défie quiconque de ne pas se trémousser dans son fauteuil de cinéma lorsque survient le finale You can’t stop the beat.  Une pure comédie musicale, dans ce qu’elle peut voir de plus réjouissant.

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C’est un peu l’événement comédie musicale de cette fin d’hiver, du moins pour ce qui concerne le cinéma. Dreamgirls est l’adapatation de la comédie musicale de Broadway du même nom écrite par Henry Krieger (musique) et Tom Eyen (livret, paroles) et dirigée par Michael Bennett, à qui le film est dédié. Vous l’avez sans doute lu partout, Dreamgirls raconte l’histoire d’un girls group, les Dreams, à l’ère Motown. L’intrigue tourne autour de l’exhubérante chanteuse lead des débuts, Effie White, qui est reléguée au rang de choriste au profit d’une chanteuse plus lisse et donc plus à même de séduire un public blanc. Vous l’avez sans doute lu également, l’histoire des Dreams s’inspire de celle des Supremes, emmenées par Diana Ross. La "véritable" Effie White se nommait Florence Ballard. Elle avait une voix tellement puissante, dit-on, qu’elle devait de mettre à plus de cinq mètres du micro lorsqu’elle enregistrait. Toutefois, Effie White connaît un destin plus heureux que celui de Florence Ballard. Effie défie la Motown de fiction avec succès, alors que Florence Ballard n’a jamais pu affronter les redoutables avocats de Berry Gordy. Ensuite, la comédie musicale se termine sur une note heureuse, alors que la véritable histoire est tragique : l’ancienne leader des Supremes est morte à 32 ans d’une crise cardiaque, pauvre. Et le destin de Diana Ross est bien plus intéressant que celui de la fade Deena Jones. Le réel dépasse la fiction, une fois de plus. Cela n’empêche pas Dreamgirls d’être un bon film. Le cast y est sans doute pour beaucoup : Jamie Foxx et sa beauté froide en double de Berry Gordy, Eddie Murphy, en chanteur macho, pathétique à souhait, Beyoncé, transparente jute ce qu’il faut et surtout Jennifer Hudson, dans le rôle d’Effie, tour à tour tornade sensuelle, femme desespérée et diva au bord de la crise de nerfs. Effie est un rôle à récompense. Jennifer Holliday, en son temps, reçut le Tony de la meilleure actrice. Jennifer Hudson, ancienne  participante d’American Idol, a reçu à peu près tous les prix existants. Son interprétation de And I’m telling you (I’m not going), le morceau de bravoure de la comédie musicale, vaut d’ailleurs largement celle de Holliday. Cette chanson intervient au moment où Effie White est virée des Dreams. Les autres personnages lui disent que c’est fini. Et elle dit "qu’elle ne partira pas". Hudson insuffle alors à Effie un peu de douceur, avant de laisser exploser toute l’amertume du personnage. 
Le film est peut-être un peu longuet en revanche. Le match de performances vocales entre Beyoncé et Jennifer Hudson peut lasser au bout d’un certain temps. Et le happy end est un peu trop beau pour être vrai. On passe malgré tout un bon moment. Mon moment préféré, outre les premières notes de And I am telling you, c’est la chanson I love you I do, un grand moment de bonheur pour Effie, joie de chanter, joie d’aimer. Et c’est parce qu’on lui retire cela, au nom de l’argent que le drame de Dreamgirls est si poignant.

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