… c’est le prénom de Rafael. Rafael Nadal bien sûr, hier à Roland Garros lors de son premier tour épique face à John Isner. L’espagnol a rarement concédé deux sets aux internationaux de France (voire de set, au singulier), encore moins au premier tour. L’immense américain (plus de deux mètres) a donc réussi l’exploit de bousculer le numéro un mondial, bien aidé en cela par ses services régulièrement au dessus de 220 km / h. Un match passionnant qui aura vu le quintuple gagnant du tournoi partir en confiance, puis douter, pour enfin remettre en marche l’impitoyable machine à gagner à coup de coups droits assommants et de passings dévastateurs.

Pour un premier match à Roland Garros, j’ai été servi.

 

Pour un compte-rendu plus complet du match, vous pouvez lire ce post: Roland-Garros, côté court : le baptême de Rafa

La deuxième photo est de Johann L.

Après m’être descendu une bonne cinquantaine de polars (quasiment tous les Michael Connelly, Hennig Mankell et Fred Vargas) J’avais envie de changer d’air et de me (re)mettre à l’heroic fantasy. Après tout, à part le Seigneur des anneaux, je n’y connais pas grand chose.

Un ami geek, qui passait par là, m’a recommandé le cycle Legend of the Seeker (L’épée de vérité, en français), une bagatelle de 11 tomes d’à peine 800 ou 900 pages chacun. N’ayant rien de vraiment intéressant à lire dans les 6 prochains mois, j’ai répondu banco.

Le premier tome s’intitule Wizard’s first rule. Richard, jeune guide forestier, erre dans les bois à la recherche d’indices qui pourraient le mener aux assassins de son père, tué sauvagement quelques semaines auparavant. Il y fait la rencontre de Kahlan, une jeune fille qui semble posséder des pouvoirs étranges. Elle est à la recherche du Grand Sorcier qui pourrait l’aider à contrecarrer les plans du grand méchant d’à côté, Darken Rahl. Et si par la même occasion le Grand Sorcier pouvait lui trouver un Seeker (traduit par « sourcier »), seul homme à pouvoir maîtriser la magique Epée de Vérité et potentiellement vaincre Darken Rahl, cela arrangerait bien ses affaires.

Comme dans tout bon roman d’heroic fantasy, Wizard’s first rule contient son lot de combats, de peuples étranges, de créatures maléfiques, de vieux sorciers très puissants et de prophéties-qui-vont-se-réaliser. Même si le héros peut agacer de par son entêtement et son côté un peu cruche, l’histoire est extrêmement efficace et fourmille de belles trouvailles, comme les personnages des Confessors, qui ont le « power of love » (pas celui de Céline Dion) ou des Mord-siths, jeunes femmes dont l’unique but est de torturer et de faire des hommes leur chose – la très longue séquence où Richard tombe entre les mains de l’une d’elle est d’ailleurs assez éprouvante.On peut déplorer ça ou là quelques clichés, un peu trop de manichéisme (le méchant qui est vraiment très méchant et son bras droit est forcément amateur de petits garçons), un personnage un peu trop copié sur Gollum, mais cela n’empêche pas les pages de se tourner à un rythme soutenu jusqu’au dénouement final.

La saga a été adaptée à l’écran. J’ai rapidement abandonné le visionnage de la série tant l’histoire a été bêtement simplifiée. Cela fonctionne mieux paraît-il si l’on a pas lu le livre d’abord.

Trailer ci-dessous:

Je viens de commencer la lecture du deuxième livre, Stone of tears. Plus que 9 000 pages avant de finir la saga!

 

Comme beaucoup, je suis ce que fait Alex Beaupain depuis Les Chansons d’amour. Antoine, de Yagg, l’a rencontré à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Pourquoi battait mon coeur.

Un album pas mal du tout, soit dit en passant. J’aime particulièrement la chanson titre le duo avec Camelia Jordana, Avant la haine, qu’on a déjà pu entendre dans le film d’Honoré Dans Paris. Beaupain a vraiment un beau sens de la mélodie.

C’est l’événement comédie musicale de cette saison. Après A little night music, l’an dernier, le Châtelet présente en ce moment un nouveau Sondheim: Sweeney Todd (livret: Hugh Wheeler).

Autant le dire tout de suite: c’est une grande réussite. Il y a peu d’endroits où l’on pourra voir un tel cast, avec une telle mise en scène, un décor aussi impressionnant et un orchestre aussi fourni. Sondheim lui-même s’en émerveille à longueur d’interviews. L’effet produit est donc maximal: dès le lever du rideau, les premières notes de la Ballade de Sweeney Todd vous prennent littéralement à la gorge et le Not While I’m Around de Toby vous serre le cœur.

Du côté des comédiens-chanteurs, sans atteindre le degré de folie de George Hearn et d’Angela Lansbury dans les rôles principaux, Rod Gilfry et Caroline O’Connor s’en tirent avec les honneurs. Étrange tout de même d’entendre une Ms Lovett avec une belle voix… Même chose pour les seconds rôles, avec une mention particulière pour la ténor Pascal Charbonneau, qui incarne Toby, dont l’aisance et la puissance dans les aigus est assez remarquable.

Les décors et la mise en scène m’ont semblé dans la lignée de ce qu’avait Harold Prince lors de la création (que l’on peut voir dans le DVD). Pas de réelle surprise de ce côté-là, mais une belle efficacité.

A ce titre, j’envie les spectateurs qui vont découvrir Sweeney pour la première fois. Ils ne considèreront sans doute plus jamais la comédie musicale de la même manière…

Espérons que le Châtelet va continuer à présenter un Sondheim tous les ans, avec cette même qualité. Allez disons Company en 2012 et Follies en 2013.

Une vraie bonne surprise. J’avais pris The Good Wife pour une vulgaire série de type « Objection, votre honneur », une série de plus à la gloire du système judiciaire américain. Grosse erreur. Certes, les scènes de prétoire sont légion et vu par le prisme des séries et des films la justice américaine semble toujours aussi inutilement spectaculaire, mais l’essentiel du propos n’est pas là.

The Good Wife s’ inspire des scandales Elliot Spitzer, Bill Clinton ou John Edwards, ces hommes politiques puissants qui ont trébuché à cause de leurs liaisons extramaritales. Dans chacun de ces cas, les épouses se sont courageusement tenues aux côtés de leur mari, malgré l’humiliation publique. C’est à ces femmes là que les créateurs de la série se sont intéressés.

La première scène de la série nous montre la conférence de presse du procureur Peter Florrick (Chris Noth, le Mr Big de Sex and the City), qui, pris dans un scandale sexuel et une affaire de corruption, annonce sa démission. A ses côtés se tient sa femme, Alicia (Julianna Margulies, l’ex infrimière Carol Hathaway, d’Urgences) , les traits tirés. C’est elle l’héroïne de la série. Pour faire face aux soucis financiers auxquels sa famille est confrontée (l’ex-procureur est jeté en prison) la  « good wife » va devoir reprendre son boulot d’avocate, qu’elle a laissé il y a plus de 10 ans pour devenir femme au foyer et élever ses deux enfants.  Son vieil ami de fac, Will Gardner l’embauche comme junior au sein de son cabinet d’avocats.

Chaque épisode est conçu sur le modèle du stand-alone: on y suit un cas judiciaire précis, qui est résolu – d’une manière ou d’une autre -  au bout des 42 minutes. Au second plan et c’est évidemment l’intrigue la plus intéressante, Alicia tente de reconstruire sa vie personnelle et de se construire une vie professionnnelle. Au boulot, elle se lie d’amitié avec l’enquêtrice maison, Kalinda, petit bout de femme plus indépendante et plus maligne tu meurs.

C’est bien écrit, les personnages principaux et leurs interprètes sont épatants (notamment l’excellente Christine Baranski, l’une des associées du cabinet d’avocats), les guests souvent savoureux, tel Dennis O’Hare (le roi du Mississipi dans la saison 3 de True Blood) en juge ultra-progressiste qui demande une minute de silence pour le Darfour avant le début de l’audience et surtout, Julianne Margulies est d’une beauté éblouissante.

Une série que je suis désormais avec grand plaisir.

Avec Tomboy, Céline Sciamma a réalisé un beau film, sensible et juste. Le « tomboy » en question, c’est Laure, 10 ans. C’est l’été et elle vient d’emménager dans une nouvelle ville avec ses parents et sa petite sœur, l’espiègle Jeanne. Son look androgyne peut aisément la faire passer pour un garçon, elle va profiter du quiproquo et se présenter aux autres enfants du coin comme étant Michael. Avec la rentrée qui se profile, le mensonge ne pourra évidemment pas tenir longtemps…

Les acteurs, parfaitement dirigés, sont d’une troublante justesse. Zoé Héran, qui incarne Laure/Michael, en tête. Difficile de ne pas retenir son souffle lorsque son secret menace d’être découvert. Mais difficile aussi de ne pas rire devant les facéties de Jeanne, qui va se faire complice du mensonge de  sa grande sœur. Après la projection de l’avant-première, Céline Sciamma a affirmé qu’elle voulait réaliser un film « à hauteur » d’enfant » et ces moments si particuliers, un peu hors du temps, que sont les grandes vacances et la rencontre avec de nouveaux amis. Mission accomplie.

Je vous invite à découvrir Paris by Yagg, le premier City Guide de Yagg, dont je suis assez fier.

Ces city guides (d’autres villes devraient suivre dans les mois qui viennent…), c’est un peu l’histoire qui se répète. J’ai travaillé pendant des années avec Christophe Martet sur l’agenda de Têtu, qui se voulait le supplément « proximité » du magazine. Dix ans après, nous recommençons la même chose avec Yagg, mais en ligne cette fois-ci. Pas sûr toutefois que nous nous relancions dans les épiques testings saunas ou sex-clubs…

 

Quelques mots pour vous recommander chaudement le film anglais We Want Sex Equality (Made in Daghenam, en VO). On y suit l’histoire  – réelle – de ces ouvrières anglaises de Ford qui se sont mises en grève pour réclamer un salaire égal à celui des hommes.

C’est un film typiquement anglais, avec ses personnages hauts en couleurs, aussi drôles qu’émouvants. Le scénario se déroule sans véritable surprise mais avec une belle efficacité. Comme il se doit les actrices sont formidables, Sally Hawkins (Rita, la leader), Geraldine James (Connie), et Miranda Richardson (l’explosive ministre du travail Barbara Castle, dont je n’avais jamais entendu parler) en tête. Et au final, c’est un beau succès, l’un de ces films qui vous regonflent pour quelques jours.

« A working class hero is something to be », chantait Lennon. C’est sans doute encore plus vrai lorsque les héros sont des héroïnes comme celles de Dagenham.

ps: Le film était diffusé lors des avant-premières Le Jeudi c’est gay-friendly, de Yagg au Gaumont Opéra.

J’ai plus côtoyé que connu Gérald Sanchez au cours de mes années passées à Act Up. Suffisamment en tout cas pour savoir que la lutte contre le VIH et les hépatites perd un militant de grande valeur et un type formidable. Par ailleurs, cela faisait chaud au cœur de voir une partie de la famille d’Act Up réunie au cours de la cérémonie d’adieux au Père Lachaise. Et j’ai découvert que nous avions au moins un point en commun: Rent.

Bye Gérald, donc.

Bonne année avec la vidéo de Maxime Donzel, réalisée pour Yagg, qui m’a value un bon rhume.  :)

ps: au cas où vous ne l’auriez pas vu, je tiens le O de Bonne année.

J’avais déjà vu des séries qui me bouleversaient, mais c’est bien la première fois que l’une d’elles me chamboule au point que j’aie du mal à m’endormir. C’est ce qui m’est arrivé en visionnant la quatrième saison de The Wire. Le thème principal de cette saison, c’est l’éducation. Alors qu’un nouveau baron de la drogue (le glaçant Marlo Stanfiled), multiplie les meurtres dans Baltimore, on suit les destins de quatre ados, Namond, Duquan, Michael et Randy. Chacun d’entre eux essaie de s’en sortir à sa manière et quelques uns des adultes qu’ils croisent (le sergent Carver, Prezbylewki, devenu prof, l’ancien Major Colvin, Cutty) vont tenter d’empêcher qu’ils soient « broyés par le système ». Seul l’un d’entre eux y parviendra – pas forcément celui sur lequel on aurait parié – et on peut déjà s’estimer heureux. Les regards de Duquan (premier en partant de la gauche), pauvre gosse qui vit avec une famille de junkie, sont à vous fendre le cœur…

L’analyse d’Ed Burns et David Simon du système éducatif américain est d’une intelligence rare et, une fois de plus, bien des problèmes qu’ils soulèvent peuvent aisément faire écho à ce qui se passe dans l’hexagone.  Une série douloureusement brillante.

Attention spoilers!

Pas facile de donner une suite à un finale comme celui de la saison 4 de Dexter… Les teasers de la cinquième saison donnaient une piste: « la culpabilité est un tueur ». Cette culpabilité va s’incarner en une jeune femme blonde que Dexter va essayer de sauver d’elle-même coûte que coûte. Il n’a pas pu sauver Rita, il va essayer avec Lumen.  Après avoir tué  un homme de rage – l’impétrant avait eu le malheur d’être grossier -, Dexter reprend ses petites affaires et part à nouveau à la chasse au tueur. C’est en supprimant l’un de ceux-là qu’il fait la rencontre de Lumen. Celle-ci, séquestrée dans la maison où Dexter a choisi de mettre à mort sa proie, assiste au meurtre et le serial killer se retrouve face à un choix: la tuer ou la laisser en vivre en pariant qu’elle ne raconte à personne ce qu’elle a vu. Ce qui semble au début un peu poussif se révèle progressivement être une intrigue passionnante. Et Julia Stiles, qui incarne Lumen, victime de bourreaux particulièrement brutaux, une véritable révélation. Même le personnage de Dexter reprend un peu d’épaisseur, lui qui était devenu bien fade dans la saison précédente. Elle a besoin de vengeance et lui se retrouve aspiré par cette histoire tout en essayant de trouver un sens à sa vie après la mort de Rita. Leur amitié naissante puis leur amour va donner au gré de leurs « aventures » un rythme palpitant à cette saison, rythme qui sera conservé jusqu’à la toute fin.

J’ai pu lire ici ou là des critiques un peu négatives sur cette saison. Celle sur Têtes de Séries, notamment est bien argumentée et je suis d’accord avec ce qu’avance Pierre Langlais. Il n’empêche. Cette saison m’a fait vibrer quand la précédente m’a globalement ennuyé. Un petit regret: Debra, la sœur de Dexter, a été moins flamboyante qu’à son habitude, même si la confrontation finale avec Dexter, Lumen – cachés derrière un drap – est d’une force incroyable. J’aurais aimé qu’elle le tire ce rideau, d’ailleurs. Mais ce sera pour une saison prochaine, sans doute. Vivement l’année prochaine.

Puisque certain(e)s l’ont manquée, voici la vidéo de mon reportage à la convention The L Word / Queer as folk. L’événement est un peu bizarre (les séries sont finies depuis quelques années maintenant), les fans parfois un peu hostiles, mais le déplacement valait le coup rien que pour la gentillesse de Laurel Holloman. J’aurais aimé inclure l’intégralité de son interview dans le reportage ou dans une vidéo séparée, mais j’ai ce tic affreux de gratter le micro et une bonne partie des images n’était pas exploitable… Ah oui et Rachel Shelley est vraiment d’une beauté époustouflante.

Mon seul regret: n’avoir pas osé demander une interview à « la voix française de Shane et de Gabrielle dans Desperate Housewives » (qui a un physique très différent des deux rôles)



Vu cette semaine l’excellent Encore un tour de pédalos , sous-titré Je hais les gays, écrit, composé et mis en scène par Alain Marcel, auteur du génial Opéra de Sarah. Cette pièce fait suite à une autre, les Pédalos, écrite au début des années 80 en réaction à la Cage aux folles. Les quatre comédiens (de gauche à droite Yoni Amar, Philippe d’Avilla, Steeve Brudey et Djamel Mehnane, tous excellents) interprètent tour à tour plusieurs (stéréo)types d’hommes gays.

C’est admirablement bien écrit et verse rarement dans la facilité: pendant tout le spectacle, j’essayais de deviner les rimes et je n’y suis pas souvent parvenu. Certains numéros, comme « Nous, les fiottes » sont à se plier en deux et sont parmi les choses les plus drôles écrites sur l’homosexualité depuis longtemps (on pense à Torch Song Trilogy). J’ai moins aimé en revanche les chansons dramatiques sur le VIH ou sur les exécutions d’homos en Iran, un brin plus convenus.

Rien à redire sur la mise en scène, sobre et efficace.

Allez-y, il y a même un peu (ou beaucoup, c’est selon) de eye-candy.

1er décembre, ou « Saint Sida » comme on dit, aujourd’hui. Ne me rendrai pas à la manif d’Act Up à cause du boulot, mais le cœur y sera.

Deux vidéos utiles sur Yagg.

1 sur 5:

Lire l’article Sida chez les gays: des personnalités appellent à la mobilisation dans la vidéo « 1 sur 5″

Notre célèbre vidéo avec François Sagat:


François Sagat: « Je mets une capote et du gel »
envoyé par yaggvideo. – Un accés privé avec plus de vidéos sexy.

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