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Cette chronique va être rapide. Malgré des essais répétés, je ne suis pas parvenu à apprécier la moindre chanson du dernier Rufus Wainwright. Après l’exubérance de Release the Stars, Rufus a voulu faire dans la sobriété. Rien que du piano voix ou quasiment (pas la force de réécouter pour vérifier). Poses, voilà du sobre réussi. Cet album là est juste long et ennuyeux et pour tout dire, semble bien prétentieux.

Si quelqu’un a un truc ou une astuce pour m’aider à trouver une porte d’entrée à ce disque, qu’il ou elle me laisse un commentaire et je promets de lui donner une nouvelle chance. En attendant, je vais me remettre les précédents. Et notamment Release the stars, qui n’est pas si mal, finalement.

Puisque nous sommes en pleine saison Nouvelle Star… Deezer met en avant depuis quelques jours le nouvel album d’André Manoukian. Il s’agit d’un album de reprises jazz, avec de nombreux featuring pour les chansons. Pour en citer quelques uns: China Moses, la fille de Dee-Dee Bridgewater, Anaïs, Helena Noguerra, et deux membres de l’école Nouvelle Star: Benjamin Siksou, Camelia Jordana.

Le choix des titres est impeccable. Cole Porter, Irving Berlin, Rodgers & Hart… tout ce que j’aime. Le choix des chanteurs est un peu plus discutable en revanche. Benjamin Siksou minaude toujours beaucoup, China Moses n’est parfois pas en reste et Anaïs, si elle a une sacrée voix ne rend pas vraiment service à Cheek to Cheek, l’un de mes morceaux préférés.

Pas de problème du côté des arrangements sont en général très réussis. Normal, c’est le métier de Dédé. Mention spéciale à Don’t let me be misunderstood. Emily Loizeau est à deux doigts d’en faire trop, mais son interprétation est sauvée par les magnifiques chœurs qui l’accompagnent. Le meilleur titre d’un bel album.

Puisque David Bowie ne semble pas pressé de reprendre le chemin des studios, on se contentera d’un double live.  Et on fera mieux que s’en contenter, parce que ce double album, intitulé A Reality Tour (en écoute sur Deezer),  est assez génial. Sauf erreur de ma part, il s’agit du même qui a déjà été édité en DVD, avec l’ajout de trois chansons. Rien de bien nouveau, me direz-vous. Quand bien même. L’écouter est bien plus excitant que de le regarder. Les vieilles chansons comme les nouvelles, toutes sont impeccablement interprétées. A l’image du Life on Mars? ci-dessous, dont les premières paroles procurent toujours autant de frissons.

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paris dernière volume 7

C’est toujours drôle une compil de Paris Dernière. La dernière livraison en date, la septième, toujours réalisée par Béatrice Ardisson, ne déroge pas à la règle. Au menu, reprises des Smiths, de Britney, Beyoncé, Everything but the girl, Johnny Cash, U2, etc. Mention spéciale aux magnifiques versions d’Umbrella (de Rihanna) ou Relax (take it easy) (de Mika), mélancoliques à souhait (ou est-ce mon humeur du moment?). Même Hallelujah, pourtant reprise jusqu’à la nausée, est plutôt réussie ici.

A écouter sur Deezer

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Le duo formé par Keren Ann et Bardi Johannsson, alias Bang Gang, est de retour avec un album live. Pour l’occasion Lady & Bird, qui reprend des titres de Gang Bang, Keren Ann ou les leurs, était accompagnés de l’Iceland Symphony Orchestra. Et ça s’entend. Le résultat est un peu mitigé. Les orchestrations maousse costaud fonctionnent mieux avec les chansons de Bang Gang qu’avec celle de Keren Ann (Dommage que les premières soient moins bien que les secondes). C’est justement les arrangement intimistes qui donnaient toute leur beauté à Que n’ai-je ou Not going anywhere.  Jouées avec un grand orchestre et un chœur, c’est presque un contresens. Et puis, on aurait aimé entendre de nouvelles chansons…

Pas désagréable à l’écoute donc, loin s’en faut, mais un peu décevant. Peut-être était-ce mieux en live?

Love_Is_the_Answer

Avec Love is the answer, Barbra Streisand a établi un drôle de record: elle est devenue la première artiste à avoir un album numéro 1 aux USA pour cinq décennies de suite. Ça vous pose une chanteuse, non? Ceci étant dit, ce nouvel album est une réussite totale. Love is the answer – phrase extraite du classique Garlandien Make someone happy – est composé principalement de reprises du Great American Songbook. A deux exceptions près: une cover de Ne me quitte pas (en version anglaise + 1 couplet en français), et la Chanson de Maxence des Demoiselles de Rochefort, rebaptisée You must believe in spring. Diana Krall est à la production et au piano et ça se s’entend. Ici pas d’outrance ou d’extravagance Streisandienne ou de son à la Bee Gees, rien que de la retenue, du feeling et en un mot, de la classe.

On retiendra particulièrement les sublimes versions de Here’s to life, In the wee small hours of the morning ou Some other time (de Bernstein, dans On the town). Mais le reste de l’album est à l’avenant. Superbe.

L’album est en écoute sur Deezer.

Plant_krauss03-x600

Robert Plant et Alison Krauss ont remporté 4 Grammy Awards: single de l'année pour Please Read The Letter, meilleure collaboration pop, meilleure collaboration country et meilleur album pour Raising Sand (tous styles confondus). Ce qui porte Alison Krauss à 26 Grammy tout au long de sa carrière…

L'occasion de (ré)-écouter Please Read The Letter.

Beaupain_33tours
Alex Beaupain qui chante Alex Beaupain, ça peut être bien aussi. J'ai énormément écouté la B.O. des Chansons d'amour. Mais les chansons originales, qui figurent sur le premier album de Beaupain, Garçon d'honneur,
étaient franchement moins bien.

Sur 33 Tours, le chanteur conserve son phrasé maniéré, mais les arrangements sont dix fois mieux et au final, l'album est une grande réussite. Les thèmes abordés restent les mêmes : l'amour, le manque, la mélancolie, etc.

Mes deux titres préférés sont I want to go home et Comme la pluie. Ce dernier est une sorte de prolongements des Chansons d'amour. Grégoire Leprince-Ringuet la chante dans la Belle Personne, le dernier Honoré et sur 33 Tours, elle est interprétée par l'équipe féminine des Chansons, à savoir Ludivine Sagnier, Chiara Mastroianni et Clotilde Hesme (elles sont rejointes ensuite par Beaupain).

Brettanderson_wilderness
J'étais également à ce concert de Suede évoquée dans la chronique des Inrocks. C'était au Bataclan, je crois. Contrairement à l'auteur de l'article, je n'avais pas interprété la canne de Brett Anderson comme un signe du déclin de son groupe. Même après coup, ça me semble un peu capillotracté. Il m'arrive de réécouter Suede de temps à autre, l'album Dog man star, essentiellement, ou Trash et Beautiful Ones, que nous avons tant passé à feu Androgyny.

Je n'avais pas écouté jusqu'ici les albums de Brett Anderson. Je suis tombé sur Wilderness grâce au fil RSS des Inrocks.

Le titre ci-dessous, A different place est à l'image de l'album (à écouter dans son intégralité par ici) et de sa belle pochette, dépouillé à l'extrême. Heureusement que l'hiver semble déjà là, parce l'écoute de Wilderness aurait pu le faire venir en avance. Ces chansons sont très belles, mais ne peuvent sans doute pas s'écouter en toutes circonstances. J'ai horreur de ces gens qui vous disent "oh mais pourquoi tu écoutes cette musique de dépressif ?". Mieux vaut ne pas leur faire écouter ce disque, car cette fois-ci ils pourraient avoir raison. Non que leur avis revête une quelconque importance…

Aimee_mann-smilers
Ne suis pas un grand connaisseur d'Aimee Mann. J'avais juste été marqué par la B.O. de Magnolia et les extraordinaires Wise Up et Save Me. Et cette voix si particulière. La demoiselle (dame ?) sort en un album ces jours-ci et il est plutôt réussi, à l'image du très catchy Freeway en écoute ci-dessous. Le reste de l'album, au titre imprononçable (à moins qu'on ne dise "fucking smilers" ?), peut être écouté sur Jiwa.

David_bowie_live_santa_monica_72 Il y a des tournées un peu plus mythiques que d'autres. Et des albums live un peu plus exceptionnels que les autres. La tournée Ziggy Stardust de David Bowie et son témoignage live audio, Santa Monica '72, réédité cette semaine, rentrent incontestablement dans ces deux catégories.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire entrer cette tournée dans la légende : son brut, un groupe qui assure (les fameux Spiders from Mars, avec un Mick Ronson génial), un Bowie au sommet de son art ; playlist imparable, qui commence avec Hang on to yourself et se clôt avec le légendaire Rock'n'Roll Suicide. C'est sur dernier titre, d'ailleurs, que Bowie suicidera Ziggy à la fin de la tournée (voir le documentaire/concert de D.A. Pennebaker).

Ziggy Stardust aurait pu être à la fois le firmament et le chant du cygne de la carrière de Bowie. Dieu (du rock) merci, il n'a pas attendu Madonna pour se "réinventer", créer de nouveaux personnages et enregistrer d'autres albums géniaux.

Santa Monica '72 est en écoute sur Deezer. Ci-dessous, une reprise de La Mort de Jacques Brel.


Découvrez David Bowie!

Juleindoréersatz
L’album de Christophe Willem était un bon album de variété, celui de Julien Doré est un bon album tout court. Le gagnant 2007 de la Nouvelle Star s’est fait connaître avec ses reprises « décalées » (et pas toujours heureuses). Ici, rien de que des compos d’une très bonne tenue, très bien produites.

Pour autant, Julien Doré ne semble rien avoir abdiqué du personnage que l’on a pu découvrir sur M6 la saison passée. Pour preuve, le plus beau titre de l’album s’intitule « Bouche Pute ». Et il s’autorise, avec un certain culot, la reprise du Gainbourien « SS in Uruguay ».

Bien sûr, Julien Doré ne serait pas Julien Doré s’il ne cabotinait pas un peu (ou beaucoup). Et ce n’est pas vraiment le rôle dans lequel on le préfère, à l’image de la poussive chanson à liste « Dans tes rêves ». N’est pas Katerine qui veut.

Outre la chanson en écoute, ci-dessous on retiendra le très beau Acacias, l’enlevé Les limites et le très réussi Figures imposées. Pas mal pour un album issu d’une émission de télé.


Découvrez Julien Doré!

Baezringthembells
Soyons un peu professoral deux secondes : on a un peu tendance à désigner folk toute musique basée sur le duo guitare/voix. C’est oublier un peu vite le sens du mot folk, peuple. Si Joan Baez est la quintessence même de la chanteuse folk, c’est bien parce qu’elle est une chanteuse populaire avant tout, ancrée dans une réalité sociale de son temps, et à partir de là capable de chanter aussi bien des chansons populaires, engagées qu’intimistes.

Le live Ring them Bells, de 1995, explore toutes ces facettes de l’artiste. L’album, réédité l’an dernier avec de nouvelles chansons, tire son titre d’une chanson de Bob Dylan. Outre le tour de chant de l’artiste, il contient de nombreux duos. Citons les apparitions des Indigo Girls, Mary Black, Mary Chapin Carpenter, Kate & Anna McGarrigle, Janis Ian, ou encore la propre sœur de l’artiste Mimi Farina.

Parmi ce recueil d’interprétations toutes plus excellentes les unes que les autres [liste complète sur Wikipedia], on retiendra en particulier le dylanien Don’t think twice it’s alright avec les Indigo Girls, le magnifique Jesse, de Janis Ian, en duo avec son auteure, ou encore la chanson traditionnelle Geordie.

A noter que Joan Baez change la fin de Diamonds and Rust, interprété avec Mary Chapin Carpenter. "If you’re offering me Diamonds and Rust / I’ve already paid", chante-t-elle habituellement sur cette superbe ballade qui évoque sa relation avec Bob Dylan. Ici, les années aidant, les paroles deviennent : "If you’re offering Diamonds and Rust / Well I’ll take the Diamonds." On peut entendre la réaction enthousiaste du public à cette petite actualisation.

Et puis il y a cette voix. Toujours aussi belle et aussi puissante, près de trente ans après les débuts de la reine mère du folk – bel oxymore, s’il en est.

  • Ci-dessous : Diamonds and Rust, Don’t think twice it’s alright, Jesse, Sweet sir Galahad.

free music

Camillemusichole
Elle est libre Camille. Libre surtout de faire ce qui lui chante de sa voix : lui donner une couleur tantôt rocailleuse, tantôt rêche à la PJ Harvey, tantôt soul, faire la beatbox humaine, des vocalises opératiques ou des imitations de chiens et de chats. Elle en fait beaucoup plus que sur le Fil, et le cabotinage n’est jamais loin, mais, fort heureusement, la musique parvient à l’emporter sur le côté démonstratif. Contrairement à un Medulla de Björk qui ne parvenait pas vraiment à briser la grace,  Music Hole contient de vraies belles chansons.

Citons notamment les magnifiques Home is where it hurts, Sanges Sweet ou Winter’s Child. Il y a aussi le tour de force Money Note, où la chanteuse se moque des chanteuses à voix de Variété/R’n'b. "I wanna beat Mariah", chante-t-elle sur un groove imparable avant de balancer une note suraigue. On trouve aussi un hommage très personnel à la célèbre météo marine de France Inter sur Waves.

Comme l’indiquent les titres des chansons, l’album est quasi intégralement en anglais. On relèvera que l’accent de Camille n’est jamais pris en défaut. Fini le temps où Noir Désir et tant d’autres écorchaient la langue de Shakespeare à qui mieux mieux.

On ignore si les anglophones seront conquis par cet album. Pour un francophone, il sonne rudement bien en tout cas.

Vous pouvez écouter Music Hole en streaming sur Jiwa.fr.

Seventhtree
Tiens l’une des jumelles Olsen sort un disque… Ah non, c’est Alison Goldfrapp sur la cover. Après deux albums electro, le premier excellent, le second décevant, le duo revient à la formule intime des débuts, en plus dépouillé, avec ce très réussi Seventh Tree.

Le ton est donné dès le premier titre, Clowns. C’est une guitare acoustique qui ouvre le morceau. Alison Goldfrapp chante dans les aigus, ici avec un voile sur sa voix, qui fait de cette dernière presque un instrument à part entière, un peu comme chez Sigur Ros.

Les autres chansons restent dans la veine onirique, à tel point qu’au début on a un peu de mal à les distinguer les unes des autres. Puis certaines ressortent du lot, comme Some People ou Eat Yourself. On a parfois l’impression de naviguer du côté de chez Kate Bush, période Aerial, ce qui est plutôt une bonne chose.

Un bon disque.

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