Rufus à l’Olympia
Rufus Wainwright donnera son concert hommage à Judy Garland à Paris le 20 février prochain. Les places seront en vente début novembre. [lire la brève]
Rufus Wainwright donnera son concert hommage à Judy Garland à Paris le 20 février prochain. Les places seront en vente début novembre. [lire la brève]
C’est
incontestablement le projet le plus folle de la décennie. Rufus
Wainwright va donner deux concerts à Carnegie Hall, les 14 et 15 juin
prochain, où il reproduira intégralement le mythique Judy at Carnegie Hall
de Judy Garland. Le chanteur va même jusqu’à parodier l’affiche. Seule
entorse au programme, il donnera deux concerts quand Judy s’était
contenté d’un seul, régulièrement qualifié de "Greatest single night in show business".
Judy, qui faisait son come back après des années difficiles, y a
interprété son plus bel Over the rainbow. Il va sans dire que Rufus
s’attaque à un gros morceau. Lui seul est d’ailleurs suffisamment
mégalo pour se lancer là-dedans. Il devra naviguer entre le pastiche et
l’hommage, sans trop se prendre la tête non plus ("these are just songs",
comme dirait Dolly Parton). Il faut beaucoup de talent pour ça. Le
talent Rufus n’en manque pas, et lors de ces deux soirées, il va en
avoir bien besoin. J’attends les enregistrements avec impatience.
Et de trois… Après le concert pour Canal, celui de la Cigale, je suis allé hier soir assister au concert de Keren Ann à l’Olympia. Il y avait du beau monde dans la salle, notamment SAS Françoise Hardy, chef enthousiaste du fan-club de mademoiselle Zeidel. Début du concert identique à celui de la Cigale : Song for Alice sur une bande pendant que le groupe fait son entrée, puis enchaînement sur Ending Song : deux chansons de fin d’album (même si cela n’est qu’à moitié vrai pour Song for Alice, en raison du morceau caché). Le public étant assez mou, la sauce met du temps à prendre, mais une fois que c’est parti, rien à redire. KA utilise beaucoup sa pédale wah-wah, son guitariste est toujours aussi… euh doué, les cordes sont très belles, et les chansons s’enchaînent parfaitement. Nous avons même droit à un petit moment de grâce lorsqu’elle chante, à la demande d’une spectatrice, un morceau en hébreu, d’abord accompagné à la guitare, puis a capella. C’est bien la première fois d’ailleurs que je vois une artiste répondre favorablement à la demande d’un spectateur. D’habitude les réactions varient de «Y a pas écrit Juke-Box» (Juliette) à «This is my stage don’t tell me what to sing» (Marianne Faithfull), en passant par l’indifférence polie. L’humeur du jour semblait en tout cas assez rock. Plusieurs morceaux se sont terminés par des déluges de guitare électrique, et l’un d’eux a même été enchaîné avec un titre des… Queens of the stone age. Les rappels étaient loin d’être dégueu : un duo avec Tom McRae sur L’onde amère (McRae chantait donc, et plutôt bien, en français) et SURTOUT, une reprise jouissive de Big Yellow Taxi, de SAS Joni Mitchell. Heureux, j’étais. Conclusion royale avec Greatest you can find et son refrain entêtant.
After show fort sympathique dans les coulisses de l’Olympia (malgré la présence massive et odorante de charcuterie sur la table des victuailles). L’occasion de féliciter l’artiste, de boire quelques verres à l’œil, et de bitcher sur des sujets qui n’ont rien à voir, ou presque («Tom McRae est loin d’être moche de près…» ; «Non ! Tu crois que elle et lui… ?»). De quoi conclure agréablement une excellente soirée. Merci à Nico de m’en avoir fait profiter.
