630530209x01_sclzzzzzzz_Sunday in the park with George est une comédie musicale de Stephen Sondheim (musique, paroles) et James Lapine (livret, direction). Créée en 1984, elle fait suite au désastre financier de Merrily, we roll along. Dans les rôles principaux, Mandy Patinkin et Bernadette Peters. Le «George» du titre, c’est Georges Seurat, le peintre pointilliste. Le «Sunday», c’est Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte, le chef d’œuvre de Seurat. Le musical est en deux actes. Le premier montre Seurat, le dimanche, sur l’île de la Grande Jatte, en train de concevoir son futur tableau. On y voit également Dot, modèle et maîtresse de Seurat, incarnée par Bernadette Peters. Dot aimerait que George la laisse rentrer dans sa vie, mais celui-ci n’est préoccupé que par son art. Dot le quitte pour un boulanger et gagne les Etats-Unis, alors qu’elle vient juste d’accoucher de l’enfant du peintre. Le deuxième acte met en scène un autre George, arrière petit-fils de Seurat et Dot, et artiste névrosé. C’est finalement son voyage-pélerinage sur l’île de la Grande Jatte, ainsi qu’une apparition de Dot, qui lui permettront de dépasser ses blocages dans sa vie artistique et personnelle. Dans les rôles principaux, Mandy Patinkin et Bernadette Peters sont tout simplement rayonnants. J’avais de grosses réserves à propos de Patinkin après avoir écouté le CD, à cause de sa voix. Le fait de le voir à l’écran efface toute impression désagréable, si ce n’est lors d’une très agaçante chanson où il imite des chiens. Pour lui, Sondheim a créé une partition qui évoque justement, dans le chant, le pointillisme. Patinkin est quoi qu’il en soit lumineux, tout particulièrement pendant le tour de force de Putting it together, dans le 2ème acte. Bernadette Peters est au sommet de son art, tant pour son jeu d’actrice que pour son chant. Egalement dans le deuxième acte, Sondheim lui a confié le très poignant Children and art. Peters, incarnant la fille de Dot, alors dans sa 98ème année, explique à son petit-fils quelle genre de femme était Dot. Les deux actes sont assez déséquilibrés. Le premier expose une partition complexe, aride, même parfois. Le second, plus court, privilégie l’émotion ; les chansons y sont plus abordables. Le tout forme en tout cas une comédie musicale exceptionnelle. Lapine et Sondheim sont à l’origine en 1992, d’une autre comédie musicale «à costumes», Into The Woods, également avec Bernadette Peters.