Krall
Ce n’est pas parce qu’on est béton sur le fond qu’il faut délaisser la forme. Les disques de Diana Krall sont bons. On peut ne pas aimer, mais leur qualité est incontestable. Et surtout les pochettes de disques sont assez belles. De plus en plus même. Lors de ses premiers albums, je la soupçonnais même de ne faire des disques que pour trouver un prétexte à se faire prendre en photo avec de jolies robes. Ce ne serait pas la première… Mais heureusement, comme je l’ai dit, Diana Krall fait de bons disques. Le dernier, From this moment on, ne fait pas exception. Je confesse toutefois une pointe de déception lorsque je l’ai découvert. Ce qui m’avait plu dans le précédent, The girl in the other room, c’était qu’elle se mouillait, en incluant plusieurs de ses propres compos, co-signées avec son mari Elvis Costello. Et quelles compos ! The girl in the other room, Narrow daylight ou le superbe Departure bay, pour ne citer qu’eux, sont de véritables joyaux et  tournent plus souvent qu’à leur tour sur mon iTunes. Les reprises, elles, lorgnaient alors vers la musique indé et la folk, avec Temptation de Tom Waits ou Black Crow, de Joni Mitchell. Alors il en va ainsi de la nature humaine : plus c’est bon, plus on en redemande. Mais Diana n’en a cure. Sur From this moment on, elle revient à ses classiques. Elle a même fait péter le big band pour l’occasion. Les titres sont de Cole Porter, Irving Berlin, Warren et Dubin (le beau Boulevard of broken dreams, l’un des meilleurs titres), Johnny Mercer, Dorothy Fields, Rodgers & Hart (Little girl blue, magnifique), les frères Gershwin, etc. De la très belle ouvrage, sans aucun doute, peut-être un poil trop classique à mon goût. Mais quelle voix. Et quel swing.  Difficile d’y résister.