follies toulon

New-York has neon, Berlin has bars, mais… Toulon a eu Follies pendant trois jours. Trois jours et autant de représentations de la comédie musicale de Stephen Sondheim et James Goldman (livret). C’est l’Opéra de Toulon, en co-production avec l’Opéra de Metz (où l’œuvre devrait être jouée en 2014), qui est à l’origine de cette création française. Des moyens semblaient avoir été mis, la distribution était alléchante, tout concourrait à faire de ce Follies un petit événement.

C’est la première fois que je vois l’œuvre mise en scène. Jusqu’ici, je n’avais assisté qu’à une – mémorable – version concert à Londres (Lire Follies in concert). Sensation bizarre de « découvrir » un spectacle qu’on connaît déjà quasiment par cœur.

J’ai assisté à la deuxième représentation, celle de samedi et globalement c’est une réussite.

Du côté du casting, Graham Bickley, Liz Robertson (que j’avais vue dans ce rôle à Londres) et Charlotte Page ont été d’excellents Ben, Phyllis et Sally. Jérôme Pradon a été un poil en dessous, avec un accent anglais qui – bien qu’irréprochable – semblait un peu forcé et une voix moins puissante que celle des autres. Ceci mis à part, le talent et l’énergie habituels de notre Pradon national s’accordait parfaitement avec le rôle de Buddy.

Denis d’Arcangelo s’est glissé sans problème dans le (petit) rôle de Solange Lafitte, qui lui va comme un gant (Laurent de Paris Broadway estime qu’un homme dans ce rôle-là est un contresens. Sur le fond il n’a pas tort). Nicole Croisille a semblé également particulièrement à son aise dans le rôle de Carlotta Campion, avec un accent anglais parfait et un look très Line Renaud période ‘Paris-Line’. Dommage qu’elle ait oublié les paroles à deux reprises lors de SA chanson, I’m still here, qui sans cela était plutôt réussie.

Quelques idées de mise en scène sont à saluer, comme l’avant scène, qui permettait de rapprocher les comédiens du public ou l’utilisation de la vidéo sur Who’s that woman.

La partition, de l’avis général, a été honorée par l’orchestre de l’Opéra de Toulon. Je n’ai pas été convaincu en revanche par le décor de la section Loveland, qui semblait en décalage avec son sujet et l’époque qu’il est censé illustrer. Tout le monde n’a sans doute pas les moyens du Châtelet…

Quant à l’œuvre elle-même… il est toujours intéressant de voir comme la musique de Sondheim apporte un peu de légèreté et de profondeur au livret très sombre de James Goldman. Les couples Ben-Phyllis et Sally-Buddy semblent bien mal en point et le mini happy -tout est relatif – end ne suffit pas vraiment à rassurer quant à leur avenir.

Mes moments préférés: Too many mornings (photo), bien sûr, le très frais You’re gonna love tomorrow / Love will see us through ou encore One more kiss, qui jusqu’ici ne m’avait pas vraiment touché – la version toulonnaise était de toute beauté. Je pourrais allonger la liste et y mettre quasiment toute la partition. Quel bonheur de découvrir enfin ce spectacle en France, avec cette qualité-là! « I’m so glad I came », lance Sally lorsqu’elle arrive à cette réunion d’anciennes showgirls. Elle n’était pas la seule.

Photo Toulon.fr

PS: Celles et ceux qui n’ont pas pu se rendre à Toulon pourront en tout état de cause se rattraper à Metz en 2014 et il se murmurait même qu’un DVD serait édité…