Wine en concert
J’ai pris quelques photos d’un concert du groupe Wine, l’autre jour. Dont celle-ci, que j’aime bien.

Into the woods, au Châtelet
Après A little night music, Sweeney Todd et Sunday in the Park with George, le Châtelet a présenté une nouvelle œuvre avec la musique de Sondheim: Into the woods. Avec Lee Blakeley à la mise en scène, David Charles Abell à la baguette et de nombreux comédiens déjà vus dans les précédentes productions (la palme à Nicholas Garrett, qui les a toutes faites), c’est un peu on prend les mêmes et on recommence. Mais après tout, quand ça fonctionne… Et ça fonctionne! Cette production est magnifique en tous points, à commencer les décors, superbement éclairés. A la tête du cast, la sorcière, incarnée par Beverly Klein, cabotine à merveille. Quelques voix ici ou là sont un peu trop lyriques pour la musique, mais rien de grave.
La partition n’est pas ma préférée de Sondheim, mais contient tout de même des joyaux comme No one is alone ou Children will listen, dont la reprise finale m’a donnée des frissons.
Sur les quatre Sondheim présentés au Chatelet, Into the Woods n’est pas loin d’être la meilleure production… Je reste toutefois très attaché à A little night music, qui, outre le spectacle en lui-même, fut spécial d’un point de vue personnel pour moi.
Tout le monde se demande quelle sera le prochain Sondheim présenté. Des bruits de couloirs évoquent Passion… Info ou intox?Réponse dans quelques mois.
Anne Hidalgo, maire de Paris
Photo prise lors du premier discours d’Anne Hidalgo en tant que maire de Paris.
Faire un sujet en tant que photographe en même temps que d’autres photographes est toujours une expérience particulière. Les photographes se toisent du regard, se prennent la tête pour un oui pour un non (« regarde moi dans les yeux quand je te parle! »), se font menaçants à l’occasion (« Je ne te pousse pas! Tu vas sentir la différence si je te pousse! »), sont agressifs avec le staff, voire essaient carrément de forcer le passage quand on leur dit d’attendre 5 minutes histoire de ne pas gêner la maire pendant son discours… Et bien sûr, pas une seule femme à l’horizon.
A part cet aspect des choses, c’était mon premier Conseil de Paris. Pierre Aidenbaum, en tant que doyen, a présidé à cette première séance de la mandature Hidalgo, puis a fait procéder au vote. L’élection de la nouvelle maire a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements… Et très vite la politique a repris ses droits, puisque NKM s’est empressée d’attaquer sur la première délibération mise au vote par la successeure de Delanoë: le nombre des adjoints.
Ci-dessous, au moment du vote:
L’article sur Yagg: Anne Hidalgo élue maire de Paris, Bruno Julliard premier adjoint
Mon année 2013 en photos
Post publié initialement sur mon blog Yagg
Nous avons déjà attaqué 2014… Mais il n’est pas encore trop tard pour se pencher une dernière fois sur 2013. Voici quelques photos prises pour Yagg tout au long de cette année hors du commun.
13 janvier. La plus grande manifestation homophobe jamais organisée en France bat le pavé parisien. Souvenons-nous de celles et ceux qui y étaient.
Manif pro-égalité du 27 janvier. Les homophobes ont défilé en force quelques jours plus tôt. Les nerfs sont à vifs et cette manif nous mettra du baume au coeur. BFMTV, qui avait sorti le grand jeu pour la manif homophobe, préfère aller assister à l’arrivée du Vendée Globe.
4 avril. Rassemblement derrière le Sénat. Premier jour des débats au Sénat.
7 avril. Malgré une tentative d’intimidation du « Printemps français » et des Hommen, le printemps des assos organisé par l’Inter-LGBT fait le plein. Dans la bonne humeur.
10 avril. Rassemblement contre l’homophobie place de l’Hôtel de ville. Sous la pluie.
11 avril. Rassemblement place Saint Sulpice. Jean-Pierre Michel, venu soutenir la manifestation, est acclamé.
Le 10ème TIP est lui aussi un succès, avec plus de 2000 participants venus d’un peu partout.
23 avril 2013, place Baudoyer. Le mariage pour tous est définitivement adopté. Un moment de bonheur et de célébration, mais surtout de soulagement: c’est enfin fini.
21 mai. Succès mitigé du Concert pour tous, place de la Bastille, mais beau moment malgré tout.
29 juin 2013. Montparnasse. Oui Oui Oui interpelle l’Inter-LGBT et le carré de tête de la marche sur la question de la PMA. Le combat n’est pas fini.
8 septembre. Forum FSGL à l’Espace des Blancs Manteaux. Comme le printemps des assos, toujours un bon moment.
25 septembre. Rassemblement PMA + droits des trans à côté du siège du PS. Mariton passe par là et se fait accueillir par des « Dégage, homophobe » sonores.
15 octobre. Un Chéries-Chéri raccourci, mais un Chéries-Chéri réussi, avec l’excellent Gerontophilia en ouverture.
19 octobre. Existrans. Belle édition de la manif pour les droits des trans’.
30 novembre. Act Up défile dans Paris. La lutte contre le sida est mal en point, mais elle n’est pas morte.
It’s so cold in Alaska…
Lou Reed est mort. Les mots manquent pour évoquer la tristesse ressentie à cette nouvelle. Mais les souvenirs d’émotions liées à l’écoute de ses chansons se bousculent. Si l’on peut parler de souvenirs tant ces émotions, au fond, ont toujours été là et tant elles ont ouvert la voie à d’autres chansons, d’autres artistes, d’autres émotions.
Pour l’évoquer, trois de ses chansons qui m’ont le plus marquées (sélection volontairement restrictive, je pourrais sans doute en rajouter une bonne dizaine d’autres).
Perfect day sur Transformer. Je ne sais plus très bien quand j’ai vraiment écouté Perfect day pour la première fois. Mais je me souviens avoir pensé « M****, il y a des gens qui font des chansons comme ça? ». Cela ouvrait la voie à tellement de possibles…
« You made me forget myself, I thought I was someone else, someone good »
Une chanson parfaite.
Satellite of love, sur Transformer. Dans ma mémoire, cette chanson est irrémédiablement liée à la soirée des Popingays post gaypride en 2000. C’était ma première gaypride parisienne (la deuxième en tout), ma première soirée des Popingays. J’étais avec un beau garçon, nous avions un peu trop bu. J’étais clairement quelque part à bord du Satellite…
« I watched it for a little while
I love to watch things on TV »
Carolines Says II, sur son chef d’œuvre, Berlin. Sa plus belle chanson. Sa plus déchirante aussi. L’histoire d’une femme malheureuse, battue par son compagnon, que ses amis surnomment « Alaska ». Comment ne pas avoir le cœur brisé sur ces paroles?
« She put her fist through the window pane
It was such a funny feelingIt’s so cold in Alaska
it’s so cold in Alaska
It’s so cold in Alaska »
The National
J’étais passé à côté du groupe The National… Erreur réparée grâce à mon ami N. et un trajet en voiture.
Ci-dessous, Fireproof, magnifique chanson qui figure sur le dernier album en date, Trouble will find me:
Ci-dessous, une version live de l’envoûtante Runaway, sur High Violet
Et pour ne rien gâcher, c’est aussi The National qui a (superbement) mis en musique The Rains of Castamere, la terrible chanson des Lannister dans Game of Thrones / A song of Ice and Fire
Au revoir, Dexter
Dexter s’est donc achevée dimanche soir aux Etats-Unis, au terme de sa huitième saison. Comme beaucoup (Lire Dexter s’en va, bon débarras), je suis plutôt soulagé que la série soit terminée. Dans ses premières saisons Dexter avait tous les ingrédients d’une grande série: ambiance étouffante, intrigue dense, cast génial (Michael C. Hall et Jennifer Carpenter en tête, sans oublier Julie Benz en gentille mère blessée par la vie). Avec en toile de fond cette ambiguïté permanente: Dexter est-il monstrueux ou humain?
Puis les scénaristes ont fini par tourner en rond. J’ai lu ici et là que la quatrième saison, avec son finale choc, aurait dû être la dernière. Je suis globalement d’accord, même si j’avais bien aimé la cinquième (celle de Lumen, chronique ici Dexter, saison 5) . Trop d’errances, trop d’incohérences, trop de revirements invraisemblables, trop de nawak (la palme pour le passage où Debra pense qu’elle est en fait « amoureuse » de Dexter) ont ensuite parsemé les années suivantes.
Mais j’ai continué à regarder, par fidélité, et parce que de temps à autre quelques étincelles pouvaient rappeler la grandeur passée (à l’image du finale de la saison 7). Cette saison 8 était annoncée à l’avance comme la dernière. Un baroud d’honneur? Même pas… Les quelques personnages intéressants ou ceux qui auraient pu l’être, comme le Dr Vogel, interprétée par l’excellente Charlotte Rampling, ont été vite soit abandonnés soit désamorcés.
Même le finale s’est révélé décevant.
Michael C. Hall avait prévenu il y a longtemps déjà: Dexter n’est pas le genre de personnage qui a droit à un happy end. Ca se défend tout à fait et d’happy end nous n’avons donc pas eu. Mais il s’en est fallu de peu. Comme à son habitude Dexter parvenait à se tirer de toutes les situations. Alors ils ont tué Debra. A la fois trop facile et trop gros pour être le choc que les scénaristes ont sans doute voulu. Dans cette dernière saison, la sœur de Dexter n’était déjà plus que l’ombre d’elle-même. Alors à quoi bon? Puis vient le moment où Dexter décide qu’il a ruiné suffisamment de vies comme ça et emmène son bateau dans l’ouragan qui s’apprête à toucher Miami. Pour un être comme Dexter, il n’y a pas 36 scénarios possible: soit il était arrêté, soit tué soit il se suicidait. Le suicide semblait assez logique. Eh bien, on ne sait comment, mais Dexter survit à l’ouragan et reprend une vie – vraisemblablement malheureuse – loin de son fils, laissé avec sa compagne en Argentine. Pour les showrunners, qui défendent leurs choix dans cette interview, il s’agissait d’illustrer une espèce de prison émotionnelle dans laquelle Dexter se serait auto-enfermé. Meilleure idée sur le papier qu’à l’écran visiblement.
Le pire est sans doute qu’à ce stade-là ce qui peut arriver à Dexter, on s’en fout. Dommage d’en être arrivé là. Gardons tout de même en tête à quel point cette série a pu être fabuleuse – ce qui n’est pas donné à toutes – et, allez, sans rancune, au revoir Dexter.
Et un au revoir particulier à Michael C. Hall, que je suis depuis maintenant treize ans, d’abord dans Six Feet Under puis dans cette série. Grand acteur.
I was looking at the ceiling (and then I saw the sky)
I was looking at the ceiling (and then I saw the sky), de John Adams (livret June Jordan), au Châtelet du 11 au 19 juin. L’œuvre évoque le tremblement de terre de 1994 en Californie. Sept personnages voient leur vie bouleversée par cet événement. Le titre vient d’un témoignage paru à l’époque dans un journal.
Étrange pièce que celle-ci: entre opéra et comédie musicale, musique contemporaine minimaliste et pop, avec parfois des accents rock ou gospel. Pas de dialogues ou (pas vraiment) de récitatifs, il s’agit d’une « songplay », une série de chansons. Parmi celles-là, je retiendrais la Song about the bad boys and the news (qui oscille entre gospel et blues), et la Dewain’s song of liberation and surprise, qui contient le passage le plus « connu » de l’œuvre, l’air I am the way.
Et comme nous sommes au Châtelet, on n’en a pas seulement plein les oreilles, mais aussi plein les yeux, avec des projections souvent magnifiques, encore qu’assez envahissantes… Cast excellent, Janinah Burnett (Leila, photo) et Hlengiwe Mkhwanazi (Consuelo) en tête…
Très bien, mais je reste avec mon Sondheim, merci.
ci-dessous, la vidéo Yagg
Concert pour tous avec Mika et Mademoiselle K
Concert pour tous avec Mika et Mademoiselle K, un album sur Flickr.
Quelques photos du « Concert pour tous », organisé le 21 mai par l’Inter-LGBT afin de fêter l’entrée en vigueur de la loi dite du « mariage pour tous ».
Seulement quelques milliers de personnes ont répondu présent. Le jour – un mardi – puis la météo depuis plusieurs semaines n’encourageaient pas il est vrai à se rendre à un concert en plein air.
Un moment sympathique malgré tout.
« Sunday in the Park With George » au Châtelet
Et de trois. Après A Little Night Music et Sweeney Todd, le Châtelet a présenté Sunday in the Park With George, de Stephen Sondheim (livret de James Lapine).
Lambert Wilson (qui en rêvait) avait d’abord été annoncé dans le rôle principal de cette comédie musicale consacrée au tableau de Georges Seurat, Dimanche après-midi sur l’ïle de la Grande Jatte. Il a finalement été remplacé par le jeune britannique Julian Ovenden. Ce dernier, qui avait la lourde tâche de marcher dans les pas de Mandy Patinkin, créateur du rôle, s’est parfaitement acquitté de sa tâche. Pour l’aider, là aussi, une production quasiment irréprochable. Décors numériques du plus bel effet, plateaux tournants donnant un peu de mouvement à l’ensemble, partition ré-orchestrée spécialement pour l’orchestre du Châtelet, etc. Nul doute que Sondheim et Lapine, qui ont assisté aux représentations, ont dû apprécier de voir leur œuvre ainsi mise en valeur. Lors de la représentation à laquelle j’ai assisté (la pré-générale), les voix se retrouvaient parfois un peu noyées par l’orchestration. Mais j’imagine que ce défaut a été corrigé par la suite.
C’est aussi la première fois que je voyais Sunday sur scène. J’avais déjà vu la captation DVD avec le cast original (Patinkin et Bernadette Peters dans les rôles principaux) et j’étais familier de la partition. Aucun mal donc pour rentrer dans l’œuvre (contrairement à certains amis, qui eux ne connaissaient pas du tout et ont eu plus de mal). J’avoue juste avoir trouvé un peu le temps long au cours du premier acte lorsque George, en plein processus créatif, se met dans la peau des personnages qu’il peint, et en particulier le chien. On a souvent reproché à le musique de Sondheim d’être trop cérébrale ; en l’occurrence, c’est plutôt un reproche que je ferais au livret de Lapine. Je suis d’accord en revanche avec ceux qui estiment que le premier acte se suffirait en lui-même. Mais je suis également d’accord avec ceux (souvent les mêmes) qui jugent que se priver du deuxième serait se priver de chansons comme Move on Children and Art ou – dans cette production – de ce moment sublime lors de la reprise de Sunday, où les personnages saluent leur créateur. En résumé, ce serait un beau gâchis.
L’année prochaine, le Châtelet présentera Into the Woods. Espérons que Company est également dans les tuyaux.
Ci-dessous quelques images de Yagg, ainsi qu’un extrait d’interview de Julian Ovenden par votre serviteur:

















































