I was looking at the ceiling (and then I saw the sky)
I was looking at the ceiling (and then I saw the sky), de John Adams (livret June Jordan), au Châtelet du 11 au 19 juin. L’œuvre évoque le tremblement de terre de 1994 en Californie. Sept personnages voient leur vie bouleversée par cet événement. Le titre vient d’un témoignage paru à l’époque dans un journal.
Étrange pièce que celle-ci: entre opéra et comédie musicale, musique contemporaine minimaliste et pop, avec parfois des accents rock ou gospel. Pas de dialogues ou (pas vraiment) de récitatifs, il s’agit d’une « songplay », une série de chansons. Parmi celles-là, je retiendrais la Song about the bad boys and the news (qui oscille entre gospel et blues), et la Dewain’s song of liberation and surprise, qui contient le passage le plus « connu » de l’œuvre, l’air I am the way.
Et comme nous sommes au Châtelet, on n’en a pas seulement plein les oreilles, mais aussi plein les yeux, avec des projections souvent magnifiques, encore qu’assez envahissantes… Cast excellent, Janinah Burnett (Leila, photo) et Hlengiwe Mkhwanazi (Consuelo) en tête…
Très bien, mais je reste avec mon Sondheim, merci.
ci-dessous, la vidéo Yagg
Concert pour tous avec Mika et Mademoiselle K
Concert pour tous avec Mika et Mademoiselle K, un album sur Flickr.
Quelques photos du « Concert pour tous », organisé le 21 mai par l’Inter-LGBT afin de fêter l’entrée en vigueur de la loi dite du « mariage pour tous ».
Seulement quelques milliers de personnes ont répondu présent. Le jour – un mardi – puis la météo depuis plusieurs semaines n’encourageaient pas il est vrai à se rendre à un concert en plein air.
Un moment sympathique malgré tout.
« Sunday in the Park With George » au Châtelet
Et de trois. Après A Little Night Music et Sweeney Todd, le Châtelet a présenté Sunday in the Park With George, de Stephen Sondheim (livret de James Lapine).
Lambert Wilson (qui en rêvait) avait d’abord été annoncé dans le rôle principal de cette comédie musicale consacrée au tableau de Georges Seurat, Dimanche après-midi sur l’ïle de la Grande Jatte. Il a finalement été remplacé par le jeune britannique Julian Ovenden. Ce dernier, qui avait la lourde tâche de marcher dans les pas de Mandy Patinkin, créateur du rôle, s’est parfaitement acquitté de sa tâche. Pour l’aider, là aussi, une production quasiment irréprochable. Décors numériques du plus bel effet, plateaux tournants donnant un peu de mouvement à l’ensemble, partition ré-orchestrée spécialement pour l’orchestre du Châtelet, etc. Nul doute que Sondheim et Lapine, qui ont assisté aux représentations, ont dû apprécier de voir leur œuvre ainsi mise en valeur. Lors de la représentation à laquelle j’ai assisté (la pré-générale), les voix se retrouvaient parfois un peu noyées par l’orchestration. Mais j’imagine que ce défaut a été corrigé par la suite.
C’est aussi la première fois que je voyais Sunday sur scène. J’avais déjà vu la captation DVD avec le cast original (Patinkin et Bernadette Peters dans les rôles principaux) et j’étais familier de la partition. Aucun mal donc pour rentrer dans l’œuvre (contrairement à certains amis, qui eux ne connaissaient pas du tout et ont eu plus de mal). J’avoue juste avoir trouvé un peu le temps long au cours du premier acte lorsque George, en plein processus créatif, se met dans la peau des personnages qu’il peint, et en particulier le chien. On a souvent reproché à le musique de Sondheim d’être trop cérébrale ; en l’occurrence, c’est plutôt un reproche que je ferais au livret de Lapine. Je suis d’accord en revanche avec ceux qui estiment que le premier acte se suffirait en lui-même. Mais je suis également d’accord avec ceux (souvent les mêmes) qui jugent que se priver du deuxième serait se priver de chansons comme Move on Children and Art ou – dans cette production – de ce moment sublime lors de la reprise de Sunday, où les personnages saluent leur créateur. En résumé, ce serait un beau gâchis.
L’année prochaine, le Châtelet présentera Into the Woods. Espérons que Company est également dans les tuyaux.
Ci-dessous quelques images de Yagg, ainsi qu’un extrait d’interview de Julian Ovenden par votre serviteur:
« Carousel » au Châtelet
La superbe production de The Sound of Music avait été unanimement saluée. Celle de Carousel, sans doute LE chef d’œuvre de Rodgers & Hammerstein (et sans aucun doute, la plus belle partition de Rodgers) était donc très attendue. Pas de déception. Comme d’habitude le Châtelet a mis les petits plats dans les grands. Décors, distribution, mise en scène, orchestre pléthorique (pour une production de comédie musicale): tout était d’un très haut niveau. Quel plaisir d’entendre des joyaux comme la Carousel Waltz, If I loved you, You’ll never walk alone ou When I marry Mister Snow dans un si bel écrin!
Finalement, mon seul problème avec Carousel est toujours le même: le livret. Et particulièrement le personnage principal féminin, Julie Jordan. On nous la présente tout d’abord comme une jeune fille espiègle (« you’re a queer one Julie Jordan »), mais elle devient rapidement une jeune femme battue, totalement inféodée à son bateleur de mari, Billy Bigelow et perd toute aspérité. Le plus gênant reste à mon sens les quelques phrases vers la fin de l’oeuvre, où Julie explique à sa fille que l’on peut recevoir un coup et ne rien ressentir, bien au contraire. Une belle excuse pour la violence domestique.
Pendant une interview qui n’a pas été diffusée, faute de temps, j’en ai parlé à la metteure en scène Jo Davies. Elle m’a confié avoir beaucoup réfléchi à cet aspect de Carousel. En tant que féministe il lui serait impossible de faire l’apologie de la violence domestique. Elle m’a rappelé que dans le livret, il n’est jamais fait mention que d’un seul coup. Et elle préfère voir dans l’attitude de Julie l’expression d’un amour, certes un peu aveugle, mais d’un amour malgré tout, qui pardonne toutes les erreurs de son mari, qu’elle sait complètement perdu. J’ai entendu cette explication, mais je crois que cette scène entre Julie et sa fille me gâchera toujours une partie du plaisir que j’éprouve à voir Carousel.
Ci-dessous, quelques images de Yagg:
Follies à Toulon: « I’m so glad I came »
New-York has neon, Berlin has bars, mais… Toulon a eu Follies pendant trois jours. Trois jours et autant de représentations de la comédie musicale de Stephen Sondheim et James Goldman (livret). C’est l’Opéra de Toulon, en co-production avec l’Opéra de Metz (où l’œuvre devrait être jouée en 2014), qui est à l’origine de cette création française. Des moyens semblaient avoir été mis, la distribution était alléchante, tout concourrait à faire de ce Follies un petit événement.
C’est la première fois que je vois l’œuvre mise en scène. Jusqu’ici, je n’avais assisté qu’à une – mémorable – version concert à Londres (Lire Follies in concert). Sensation bizarre de « découvrir » un spectacle qu’on connaît déjà quasiment par cœur.
J’ai assisté à la deuxième représentation, celle de samedi et globalement c’est une réussite.
Du côté du casting, Graham Bickley, Liz Robertson (que j’avais vue dans ce rôle à Londres) et Charlotte Page ont été d’excellents Ben, Phyllis et Sally. Jérôme Pradon a été un poil en dessous, avec un accent anglais qui – bien qu’irréprochable – semblait un peu forcé et une voix moins puissante que celle des autres. Ceci mis à part, le talent et l’énergie habituels de notre Pradon national s’accordait parfaitement avec le rôle de Buddy.
Denis d’Arcangelo s’est glissé sans problème dans le (petit) rôle de Solange Lafitte, qui lui va comme un gant (Laurent de Paris Broadway estime qu’un homme dans ce rôle-là est un contresens. Sur le fond il n’a pas tort). Nicole Croisille a semblé également particulièrement à son aise dans le rôle de Carlotta Campion, avec un accent anglais parfait et un look très Line Renaud période ‘Paris-Line’. Dommage qu’elle ait oublié les paroles à deux reprises lors de SA chanson, I’m still here, qui sans cela était plutôt réussie.
Quelques idées de mise en scène sont à saluer, comme l’avant scène, qui permettait de rapprocher les comédiens du public ou l’utilisation de la vidéo sur Who’s that woman.
La partition, de l’avis général, a été honorée par l’orchestre de l’Opéra de Toulon. Je n’ai pas été convaincu en revanche par le décor de la section Loveland, qui semblait en décalage avec son sujet et l’époque qu’il est censé illustrer. Tout le monde n’a sans doute pas les moyens du Châtelet…
Quant à l’œuvre elle-même… il est toujours intéressant de voir comme la musique de Sondheim apporte un peu de légèreté et de profondeur au livret très sombre de James Goldman. Les couples Ben-Phyllis et Sally-Buddy semblent bien mal en point et le mini happy -tout est relatif – end ne suffit pas vraiment à rassurer quant à leur avenir.
Mes moments préférés: Too many mornings (photo), bien sûr, le très frais You’re gonna love tomorrow / Love will see us through ou encore One more kiss, qui jusqu’ici ne m’avait pas vraiment touché – la version toulonnaise était de toute beauté. Je pourrais allonger la liste et y mettre quasiment toute la partition. Quel bonheur de découvrir enfin ce spectacle en France, avec cette qualité-là! « I’m so glad I came », lance Sally lorsqu’elle arrive à cette réunion d’anciennes showgirls. Elle n’était pas la seule.
Photo Toulon.fr
PS: Celles et ceux qui n’ont pas pu se rendre à Toulon pourront en tout état de cause se rattraper à Metz en 2014 et il se murmurait même qu’un DVD serait édité…
The West Wing
Après avoir terminé le dernier épisode de la 7ème saison de The West Wing: une évidence s’impose: la série mérite bel et bien sa carte au sein du Big Four de la série américaine, aux côtés de Six Feet Under, de The Wire et des Sopranos. Pourtant, elle reste relativement méconnue des amateurs de série (pas des experts en revanche). Cela peut se concevoir: son sujet (la politique américaine) peut ne pas passionner tout le monde. Et c’est bien dommage. Car c’est se priver des dialogues brillantissimes et des personnages géniaux créés par Aaron Sorkin.
Je ne résiste pas au plaisir de citer les principaux – elles et eux que j’ai suivi passionnément pendant plusieurs mois, le temps de faire dérouler les 7 saisons. Il y a le président américain dont la série suit les deux mandats, Josiah Bartlet, d’une culture sans égale et d’une rectitude morale à (presque) toute épreuve ; il y a le taciturne, misanthrope mais génial Toby Ziegler, directeur de la communication de la Maison Blanche, l’expérimenté Leo McGarry, chef de cabinet du président, l’arrogant-mais-attachant et workaholic Josh Lyman, la pro jusqu’aux bout des ongles et féministe C.J. Cregg, porte-parole de la Maison Blanche, la pince sans rire Donna Moss…
Avec de tels personnages, ce n’est sans doute pas un hasard si parmi les épisodes les plus réussis, on trouve ceux qui se penchent plus particulièrement sur l’un d’entre eux. Je pense à celui où Josh affronte son stress post-traumatique avec l’aide d’un psychiatre, celui où C.J. rend visite à son père atteint d’Alzheimer ou celui où l’on évoqué le passé trouble du père de Toby, où encore celui où l’on revient sur la jeunesse de Bartlet et sa relation avec celle qui deviendra sa secrétaire (la géniale Kathryn Joosten, alias Ms McCluskey, dans Desperate Housewives). Il y a bien sûr quelques personnages un peu ratés – Will Bailey, Kate Harper – ou agaçants – Mandy (saison 1) ou Charlie, mais on n’atteint jamais le pouvoir d’exaspération comme devant un Gaius Baltar dans Battlestar Galactica par exemple. D’autres sont sous employés, telle Nancy McNally, chef de la NSA, incarnée par la fabuleuse Anna Devaere Smith.
Au delà des personnages, The West Wing c’est avant-tout une qualité d’écriture assez hors du commun. Chaque épisode est dense, va à parfois à 200 à l’heure (notamment lors des célèbres Walk and talk, ces plans-séquence où l’on suit un personnage qui déambule dans les couloirs et enchaîne plusieurs conversations) et nécessite un petit temps de digestion. La 5ème saison marque une petite rupture dans le style. Aaron Sorkin est parti. Le scénario quitte les hautes sphères pour se rapprocher un peu plus du commun des séries. Les envolées rhétoriques se font plus rares.
On est un peu moins soufflé mais cela tient sans doute aussi à la temporalité politique suivie par la série. Lors de son deuxième mandat, Bartlet est affaibli et son camp pense déjà à la suite, incarnée par le candidat Matthew Santos, quasi-double fictionnel d’un Représentant américain alors prometteur, un certain Barack Obama. Les saisons 6 et 7 se concentrent d’ailleurs beaucoup sur la campagne de ce dernier. On perd au passage l’alchimie du groupe Bartlet-McGarry-Cregg-Ziegler-Lyman-Moss et ce faisant une part importante de la dynamique globale, qui a du mal à se recréer ailleurs. Ceci étant, du West Wing un peu moins bon reste encore excellent. Enfin, lorsque la fiction se voit contrainte de rejoindre la réalité après la mort de John Spencer, l’acteur qui incarne Leo McGarry, on sait que la série arrive à son terme. Cette « communauté de la bannière étoilée » est définitivement dissoute.
On a ensuite tout le temps de méditer à cette belle bande d’idéalistes confrontés à la réalité souvent cruelle du pouvoir. Comment ceux qui « peuvent faire plus en journée que la plupart en une vie »- ainsi qu’il est souvent répété dans la série, parviennent à surmonter les nombreux obstacles de la politique pour être en mesure de réaliser au moins une petite part de ce pour quoi ils se battent. Comment ils et elles surmontent la déception d’avoir échoué à faire le reste en raison du jeu démocratique. Comment ils essaient de rester des être humains entretemps. Comment ils se relèvent après avoir chuté. Et comment en définitive celles et ceux qui veulent « changer la vie » peuvent manquer mille fois d’être broyés en chemin et qu’il faut essayer autant que possible de les admirer pour cela. Sinon, chacun à sa manière, de les imiter.
« What was just a world is a star… », West Side Story (de nouveau) au Châtelet
Cinq après son dernier passage, West Side Story est de retour au Châtelet. La mise en scène est la même qu’en 2007, le cast est bien évidemment différent. S’il y a deux ou trois petites choses qui m’ont gêné, comme la voix de l’actrice qui jouait Maria, trop « opératique », ou l’orchestre pas toujours au top, la magie opère toujours. La rencontre Tony-Maria, Tonight (d’où provient le vers cité dans mon titre) ou A Boy Like That / I have a love et bien sûr Somewhere me procurent toujours autant de frissons. Et la reprise de Tonight en quintet est une preuve chaque fois renouvelée de la beauté du théâtre musical.
Nouvel appareil photo
Lassé des limitations de mon petit appareil bridge, j’ai sauté le pas et me suis acheté un Reflex. Pour celles et ceux à qui cela dit quelque chose, il s’agit d’un Nikon D5100. Vu que j’ai à la fois envie de faire des portraits et des photos de tennis et qu’a priori il faut deux objectifs assez différents pour ça, j’ai pris un objectif plutôt polyvalent pour commencer, un 18-105 mm. On va déjà apprivoiser tout ça et on verra pour la suite…J’imagine qu’il y a des dizaines de sites d’initiation. En voici un sur lequel je suis tombé et qui m’a été assez utile jusqu’ici: Apprendre la photo.
Ceux qui me connaissent sont prévenus, ils vont sans doute se retrouver avec mon appareil photo sous le nez dans les jours/semaines/mois qui viennent. Souriez, j’apprends à faire des photos!
Mea Culpa
Pendant les quelques semaines qui ont précédé, puis celles qui ont suivi l’élection de François Hollande à la présidence de la République, on m’a souvent posé la question suivante:
« Tu crois vraiment que Hollande va la faire, cette loi sur le mariage et l’adoption? ».
A chaque fois, j’ai fait la même réponse:
« Aucun doute. Ça ne coûte pas un centime, c’est un moyen facile de contenter les électeurs qui ont voté pour lui – d’autant qu’il n’aura pas des dizaines de cartouches de ce genre à son fusil, et la gauche actuelle n’est plus la même que celle de 1998 (celle qui avait fait échoué le premier vote sur le pacs). »
A une semaine de la présentation du loi en Conseil des Ministres, je crains d’avoir eu tort. J’ai péché par optimisme parce que j’avais oublié la lâcheté des socialistes. J’avais oublié que nombre de ses représentants n’ont de gauche que… je ne sais plus justement. Mea Culpa, donc. Je suis maintenant bien revenu à la réalité.
Mais je ne suis pas le seul à avoir perdu la mémoire. Celles et ceux qui à gauche s’opposent ou ne défendent ce projet et toutes les réformes sociétales importantes que du bout des lèvres feraient bien de vite revenir à la raison et de faire ce pour quoi ils ont été élus. Sans quoi, le réveil sera brutal. Brutal de ce genre-là:
Pour autant, rien n’est perdu. A nous LGBT et hétéros alliés d’aller chercher cette loi avec les dents. Comme le rappelle joliment Christophe sur Yagg (Lire «Face aux opposants à l’égalité des droits, il faut rendre coup pour coup»): « Nous n’obtiendrons rien que nous n’aurons arraché ».
Led Zeppelin – Celebration Day
Et un nouveau live pour Led Zep, un! Contrairement aux trois précédents, celui-ci ne concerne pas la période active du groupe, mais un concert récent, en 2007. Led Zeppelin s’était reformé le temps d’une soirée à l’O2 Arena de Londres pour rendre hommage à Ahmet Ertegün, fondateur d’Atlantic Records, leur maison de disque. Des caméras ont enregistré l’événement historique 27 ans après la fin officielle du groupe, suite à la mort du batteur John « Bonzo » Bonham. Pour le remplacer, les trois survivants ont fait appel au fils de ce dernier, Jason. La captation du concert va sortir au cinéma et en dvd en octobre sous le titre de Celebration Day (titre d’une chanson qui figure sur le troisième album du groupe).
Si Jimmy Page et Robert Plant ont collaboré ensemble pour deux disques et deux tournées (je les ai vus sur la tournée Walking into Clarksdale, en 1999 à Bordeaux), John Paul Jones (basse, claviers) n’a que très occasionnellement joué avec les deux autres. Peu d’espoir en tout cas de voir une reformation durable du groupe: Plant y a mis son véto.
Bande-annonce:
Set-List:
1. Good Times Bad Times
2. Ramble On
3. Black Dog
4. In My Time Of Dying
5. For Your Life
6. Trampled Under Foot
7. Nobody’s Fault But Mine
8. No Quarter
9. Since I’ve Been Loving You
10. Dazed And Confused
11. Stairway To Heaven
12. The Song Remains The Same
13. Misty Mountain Hop
14. Kashmir
15. Whole Lotta Love
16. Rock And Roll
Via Le Figaro
Catherine Deneuve – Je ne peux vivre sans t’aimer
Je me suis souvent demandé pourquoi on s’obstinait à vouloir faire chanter Catherine Deneuve… Jusqu’au film de Christophe Honoré, les Bien-aimés, avec une bande originale signée Alex Beaupain. L’actrice y chante Une fille légère, un duo très réussi avec sa fille à la ville comme à l’écran, Chiara Mastroianni et surtout Je ne peux vivre sans t’aimer, en solo, une magnifique ballade désabusée – sans doute la meilleure chanson d’Alex Beaupain (avec les Yeux au ciel dans les Chansons d’amour). La chanson est un écho de Je peux vivre sans toi, le titre qu’interprète Ludivine Sagnier au début du film, mais il s’agit aussi d’une référence à la chanson des Parapluies de Cherbourg, où le personnage de Deneuve chante (avec la voix de Danielle Licari) « Je ne pourrai jamais vivre sans toi ». « La boucle est bouclée », a ainsi déclaré Beaupain dans une interview. Deneuve, enfin chanteuse, le temps d’un film.
« Que Lilith me pardonne »: True Blood saison 5, le bilan
Texte publié initialement sur mon blog Yagg
Le mois d’août s’achève et la 5ème saison de True Blood avec lui. Comme souvent avec la série d’Alan Ball, certains ont adoré, d’autres ont détesté. Force est de constater que la série a conservé les ingrédients qui ont fait son succès: l’excès, de sexe, de sang, le n’importe quoi, la cohérence très relative du scénario, l’humour noir… En créant True Blood, le créateur de Six Feet Under voulait faire de la « télé pop-corn », un pur divertissement pour adultes… Mission accomplie.
Petit bilan personnel de cette 5ème saison, placée sous le signe de la religion côté vampires, avec Lilith en déesse destructrice. Attention spoilers…
Downton Abbey
Comme série, il semble difficile de faire plus anglais que Downton Abbey. La thématique, le cast, l’écriture (je pense à l’humour, très présent dans les dialogues): l’ADN british est partout. Elle pousse même l’élégance jusqu’au fait de n’avoir que 7 ou 8 épisodes par saison : pas d’intrigue diluée à l’infini, pas (beaucoup) de fioritures pour remplir une vingtaine d’épisodes. Un bonheur.
Downton Abbey, c’est le magnifique manoir occupé par la famille du Comte Crawley. L’action se situe en 1912, au lendemain du naufrage du Titanic. Les deux héritiers du manoir et de la fortune qui va avec périssent dans le naufrage de l’Insubmersible. Le Comte n’a que des filles et légalement Dowton Abbey, et la fortune qui va avec, doivent obligatoirement revenir à un homme. Les cousins germains étant disparus, l’héritier se retrouve maintenant être un troisième cousin, inconnu au bataillon, Matthew Crawley. Ce dernier va donc débarquer au manoir avec sa mère à contre-coeur pour apprendre à connaître une famille réticente à laisser filer la demeure et l’argent à un inconnu. Voilà pour le Downton Abbey d’en haut.
En bas, vivent et travaillent les domestiques, dirigés par Mr Carson et Mrs Hugues. On suit leurs amours, leurs relations avec leurs patrons, leurs intrigues internes (Thomas et Miss O’Brien, délicieusement odieux et malfaisants) et tout particulièrement la relation contrariée entre Mr Bates, le valet et Anna, la femme de chambre.
La distribution est étincelante autant côté aristocrate que côté domestique. Avec une mention particulière toutefois pour une Maggie Smith fabuleuse en Comtesse douairière conservatrice. Les dialoguistes l’ont particulièrement gâtée. Ses répliques acerbes font mouche à tous les coups.Exemple: elle balance une vacherie la cousine Isobel, mère de Matthew Crawley. Celle-ci lui réplique « Venant de votre part, je le prends comme un compliment ». « Then I must have said it wrong » (« J’ai dû mal le dire, dans ce cas »), rétorque-t-elle.
On a l’impression que la McGonnagall d’Harry Potter joue toujours le même rôle, mais elle le fait tellement bien…
Au delà de l’intrigue, l’auteur de la série, Julian Fellowes dresse surtout la chronique d’un monde en pleine transformation. L’aristocratie voit son règne décliner, certains domestiques (ou certains aristocrates aussi, comme la plus jeune des filles, Sybil) ont des désirs d’émancipation… Et la première guerre mondiale qui passe par là accélère le processus. Pour le Comte Crawley, le dilemme est permanent: faut-il résister pour tenter de conserver ses valeurs ancestrales ou bien accompagner le mouvement? Un conflit interne qui n’est pas sans rappeler celui que connaît Tevye le laitier dans Un violon sur le toit, comme me le faisait remarquer un ami récemment. Même si pour Tevye, l’attachement à la « tradition » est plus viscérale, dans le sens où la seule chose qui vous rappelle qui vous êtes lorsqu’on vous enlève tout le reste – ce dont les juifs de l’Empire Russe sont coutumiers.
Au final, ce qui frappe sans doute le plus dans Downton Abbey, c’est la finesse avec laquelle tout cela est écrit. Les personnages sont justes, complexes ; les intrigues n’ont l’air de rien à première vue (qui aime qui, qui veut savonner la planche à qui, qui aimerait avoir quoi) mais se révèlent passionnantes, preuve s’il en est qu’il n’y a pas besoin de forcément sortir toute une panoplie de rebondissements spectaculaires pour faire avancer une histoire.
La troisième saison sera diffusée à partir de septembre prochain.
Amalya: Le monde est stone et autres considérations (The Voice)
J’ai vu Amalya chanter la première fois il y a quelques années lors d’une édition du Sankofa Soul Contest (qu’elle a gagné) à l’Opus Café (maintenant Bizz’art). Elle avait alors mis la salle à genoux avec un Purple rain incroyable de force et de sensibilité. Je me souviens avoir pensé à l’époque: « pourquoi une fille qui chante comme ça n’est-elle pas à la télé, à la radio, partout quoi? » C’est désormais chose faite: Amalya participe à l’édition française de The Voice et figure parmi les douze derniers candidats. Avec la jeune et impressionnante Al Hy, grande favorite, dans la même équipe qu’elle, il n’est pas certain qu’elle puisse gagner le concours. Quoi qu’il arrive, elle aura au moins laissé derrière elle quelques interprétations superbes, à l’image de son extraordinaire Le Monde est Stone, hier. Le titre de Berger et Plamondon, tiré de Starmania, a pourtant été battu et rebattu. Il semblait là chanté pour la première fois – ou plutôt que je l’entendais pour la première fois. J’en ai eu les larmes aux yeux, une première depuis que je regarde des émissions de télé-crochet françaises.
Si The Voice s’appelait The Soul, cela ne ferait pas un pli: Al Hy et tous les autres pourraient aller se rhabiller fissa. Amalya est sans conteste celle qui insuffle le plus d’émotion dans ses interprétations. De toutes façons, peu importe qu’elle remporte ce concours, surtout si c’est pour lui coller un album de variète cheap derrière. Car au fond, une seule chose lui manque encore: un compositeur à la mesure de son talent. Souhaitons lui d’en trouver un-e, parce qu’à ce moment-là, comme on dit en anglais: sky’s the limit.

















