Diana Ross – We Shall Overcome
"It’s Diana, bitch"
"It’s Diana, bitch"

Dans la série Réinventons la roue avec Folkfurieuse voici « ah dis donc, il est vachement bien le deuxième Amy Winehouse ». Un ami m’avait passé Frank, le premier album, il y a déjà un bail ; les excellents Stronger than me et Fuck me Pumps étaient depuis lors des habitués de mon iTunes. Naviguant sur d’autres eaux musicales à l’époque de la sortie de Back to black, j’ai remis son écoute à plus tard. Peu importe le moment de l’écoute en fait, ce disque est une pure bombe. Outre le très commenté et très entendu Rehab, on y trouve une quantité impressionante de perles comme Love is a losing game, Back to black ou le revigorant Tears dry on their own. On a dit beaucoup de choses sur la voix extraordinaire de cette fille de 24 ans, donc je ne vais pas en rajouter. Si comme moi vous avez un train musical de retard, écoutez donc Tears dry on their own, votre prochaine chanson de rupture si vous avez tourné la page. Ou alors Back to black, votre prochaine chanson de rupture si vous avez du mal à tourner la page.
Voici A lady of a certain age, une magnifique chanson de The Divine Comedy, sur son dernier album, Victory for the comic muse. Paroles ici. Pas très pratique pour les chansons seules, cette interface de Deezer, comme vous pourrez le voir ci-dessous. M’enfin, si c’est le prix pour rester dans la légalité…
Allez un petit questionnaire blog, vu chez Jakeshaft et plein d’autres. iTunes sur mode lecture aléatoire et on répond aux dix questions :
1. Comment vous sentez vous aujourd’hui?
Sister Morphine – Marianne Faithfull
2. Comment les autres vous voient ?
Beauty Mark – Charlotte Gainsbourg
3. Quelle est l’histoire de votre vie ?
Take me or leave me – Rent
4. Quelle chanson pour votre enterrement ?
Prendi quest’è l’immagine – Maria Callas, La Traviata
5. Comment allez-vous de l’avant dans la vie ?
I wish I would go back to college – Avenue Q (!)
6. Comment être encore plus heureux ?
Devil may care – Diana Krall
7. Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie?
Shoplifters of the world unite – the Smiths
8. Pour décrire ce qui vous ravit ?
don’t drink poison – Le Tigre
9. Votre boulot pour vous c’est … ?
Cri du cœur – Edith Piaf
10. Que devriez-vous dire à votre boss ?
Wake up boo – The boo radleys
11. Pour vous l’amour c’est … ?
File it under fun from the past – Marianne Faithfull (euh…)
12. Pour vous la sexualité doit être … ?
I’ve got you under my skin – Ella Fitzgerald
13. Bloguer pour vous c’est … ?
Like someone in love – Chet Baker
Allez donc faire un tour sur la page MySpace de Jérémie Rose et écouter sa nouvelle chanson, The handcrafted ballad. C’est pop, c’est frais, c’est bien. Et écoutez le reste aussi pendant que vous y êtes.
La meilleure reprise de Ne me quitte pas avec celle de Nina Simone. Dommage qu’elle soit principalement en anglais, parce que la prononciation française de Dusty est bien meilleure que celle de la High Priestess of soul. Ce "malentendus" est à vous briser le coeur… si ce n’est déjà fait.
Sinon, ça va… ^^
So-li-da-ri-té avec Diane Duffin, qui risque l’expulsion de son logement social pour cause de bon goût [lire l’article de 20 minutes].

Alex Beaupain avait déjà enregistré quelques unes des "chansons d’amour" sur son album solo, Garçon d’honneur, paru en 2005. Après avoir vu et beaucoup aimé le film, la tentation était grande d’aller écouter les versions originales de ces petits joyaux. Ce n’est pas une grande surprise : les versions du film sont bien meilleures. Le talent d’interprète de Beaupain n’est pas forcément en cause, même si Garrel, Hesme, Leprince-Ringuet et Sagnier ont décidément fait du bon boulot. En revanche, les arrangements de Garçon d’honneur paraissent bien ternes à côté de ceux des Chansons d’amour. Pire, les chansons semblent molles. C’est comme si Au ciel, Se taire ou la Beauté du geste étaient en noir et blanc et que le film d’Honoré les avait passées en couleur. Les chansons qui ne figurent pas dans le film, dont la chanson titre, ne sont pas inoubliables. Un bon disque en soi, mais bien pâle à côté des Chansons d’amour. Pour les fans.

Jusqu’ici la carrière discographique de Keren Ann était sur une pente ascendante. De la sympathique Biographie de Luka Philipsen au somptueux Nolita, les compositions de la chanteuse n’avaient cessé de s’améliorer. Las, on est obligés de reconnaître que ce cinquième album, sans titre – un manque d’idées révélateur ? – est légèrement décevant. On insiste sur le légèrement car il contient malgré tout quelques beaux titres comme le single Lay your head down, Harder ships of the world ou Liberty. On y retrouve un certain nombre de références : le Velvet pour Lay your head down (qui s’en affranchit ensuite) ou Mazzy Star sur le titre d’ouverture It’s all a lie. Et j’en oublie sans doute. Pour le reste, tout en étant très loin du ratage, on s’ennuie souvent. L’album, intégralement en anglais, semble trop américain, trop froid, trop éloigné, à l’image de la glaciale pochette signée Mondino. On n’y retrouve qu’assez rarement le génie mélodique de la Disparition ou de Nolita. A l’instar de celles du dernier Rufus, ces chansons manquent parfois de souffle. Bref, une petite déception.

J’ai mis le temps, direz-vous. Et vous aurez raison. Je n’ai pas voulu évoquer ce cinquième album de Rufus Wainwright à chaud parce que, voyez-vous, les premières impressions ont été plus que mitigées. Quelques semaines, de nombreuses écoutes et un concert au Trianon rendent l’écoute plus indulgente. Mais pas de là à considérer qu’il s’agit du chef d’oeuvre auquel on pouvait s’attendre après les deux foisonnants (et parfois bancals) Want.
Bien sûr, on est immédiatements séduit par Going to a town, poignante chanson de rupture à une Amérique décevante (rien de vraiment personnel, a tempéré le chanteur dans la presse). Et puis après, plus grand chose. Le premier titre est d’ailleurs – belle ironie – intitulé Do I disappoint you ?. Extraordinaire en live, le morceau est ici gâché par des orchestrations criardes pas très heureuses. Parmi les autres titres, on retiendra sans doute Rules and Regulations, le deuxième meilleur morceau de l’album et peut-être Between my legs. Tout le reste est bien foutu, bien écrit, mais sans âme, à l’image du morceau qui donne son titre à l’album. Où est le souffle qui traversait les précédents albums ? De camp Rufus serait-il devenu cynique ? Sur Nobody’s off the hook, ou Leaving for Paris on frise même l’ennui profond.
Une vraie déception.
Et une pochette affreuse, une de plus – exception faite de Poses.
Après la déception de l’Olympia et la semi-déception de son dernier album, on avait peur d’avoir perdu le Rufus Wainwright flamboyant qu’on aimait. Bonne nouvelle : on l’a retrouvé. Rufus était très en voix hier soir au Trianon et les chansons de son dernier album passent nettement mieux en live, mention spéciale pour le morceau d’ouverture Do I disappoint you ?. Between my legs et Rules and Regulation sont sans doute amenés eux-aussi à devenir des « old favorite », pour reprendre son expression. Et il n’est guère besoin de faire référence à Going to a town, aussi bien en live que sur disque. La mini-section cuivre, au look improbable, qui l’accompagnait est sans doute pour beaucoup dans ce succès.
Par ailleurs, le chanteur s’est excusé de sa prestation à l’Olympia (« c’était génial ! », a crié une idiote) et a interprété deux morceaux du concert Garland, A foggy day et le très beau If love were all. Pour faire une parenthèse, je suis maintenant moins indulgent qu’à l’époque à l’égard de cet Olympia. Rufus, grand amateur d’opéra sait bien que le public est impitoyable lorsqu’un chanteur lyrique massacre un titre du répertoire ou qu’une mise en scène est ratée. Pourquoi doit-il en être autrement pour un chanteur pop ? Vu le prix des billets, il aurait été légitime qu’au lieu de faire une standing ovation ridicule, la salle crie « Remboursez ! ». Bref.
En dehors des chansons du nouvel album – joué dans son intégralité -, Rufus a joué quelques classiques : Beautiful child, Pretty Things, 14th street (ma préférée) et Harvester of hearts.
Et enfin, un concert de Rufus sans séquence déguisement n’étant pas vraiment un concert de Rufus, le chanteur a régalé la salle avec son interprétation (en playback) du classique de Judy Garland, Get happy (tiré de Summer Stock), costume et maquillage compris (photo). Rufus martyrisé, Rufus outragé, mais enfin Rufus libéré par sainte Judy. On a eu peur, vraiment.

Rares sont les albums hommage à pouvoir aligner autant de poids lourds… Björk, Prince, Elvis Costello, Sufjan Stevens, Brad Mehldau, Elvis Costello, k.d. lang, Caetano Veloso et d’autres, tous rendent hommage à Joni Mitchell avec cette compilation magnifique. Les versions sont plus ou moins réussies, mais on nage globalement dans des sphères relativement élevées. La plus grande déception est sans doute le Free man in Paris de Sufjan Stevens, bizarrement mou du genou. Le morceau de bravoure dépendra des goûts de chacun : certains se délecteront du dépouillé Boho dance de Björk, d’autres apprécieront les arrangements sophistiqués de Edith and the kingpin, par Elvis Costello. Pour ma part, je préfère le A case of you de Prince, qui parvient à renouveler encore cette chanson, ce qui n’est pas une mince affaire. Par manque de temps, je ne rentre pas dans le détail du reste de cet album mais je vous invite à le découvrir au plus vite.
Prince, A case of you:
L’arrivée imminente du Roi Lion à Paris m’a donné envie de me plonger dans l’enregistrement de l’Original Broadway Cast. La musique est d’Elton John, les paroles de Tim Rice, avec paroles et musiques additionnelles de Lebo M, Mark Mancina, Julie Taymor (par ailleurs metteur en scène) et Hans Zimmer. Celles et ceux qui ne sont familiers qu’avec la version cinéma retrouveront quelques classiques (Circle of life, Hakuna Matata, I just can’t wait to be king et l’oscarisée Can you feel the love tonight) et quelques nouveautés (They live in you, Shadowland, The Madness of King Scar) Pour être franc, Elton John n’est pas vraiment, d’un point de vue musical, ma tasse de thé. Pour autant, cet enregistrement de la troupe qui a créé The Lion King sur Broadway n’est pas inintéressant. Il faut pour cela remercier Lebo M, l’auteur des arrangements pour les chorales africaines qui viennent souvent en contrepoint des chansons. Sans cela et le rôle de Rafiki qui chante la plupart du temps dans un dialecte sud-africain, il faut bien l’avouer la musique du Roi Lion serait bien fade. On reste dans la variété, mais on est dans de la variété de bonne qualité. Difficile de s’enlever le Circle of life (future "Chaîne de la vie") ou He lives in you ("Il vit en toi’") de la tête, notamment…
On peut écouter depuis quelques jours le premier extrait de Release the stars sur la page MySpace de Rufus Wainwright [cliquer ici]. Le titre s’appelle Going to a town, c’est une chanson de rupture, adressée non pas à un boyfriend, mais à l’Amérique. C’est une ballade, dans l’esprit de Dinner at eight sur Want one. C’est là un talent particulier du sieur Wainwright : chantée par n’importe qui d’autre, cette mélodie semblerait cul-cul la praline ; avec lui, c’est juste beau. En écoute, un autre titre titre de Release the stars, Sanssouci. Sympathique mais sans plus. L’album sortira le 15 mai et Rufus sera en concert au Trianon, à Paris, le 22 mai.
Le clip de Going to a town, ci-dessous :
La chanson : Diamonds and Rust
Musique et Paroles : Joan Baez
Année de création : 1975
Sur quel album: Diamonds and rust, le 16ème album studio de Joan Baez.
Ce qu’elle raconte : Diamonds and rust évoque la relation de Baez et Bob Dylan, dans les années 60. Baez décrit ce qu’elle ressent après un coup de fil de Dylan, quelques années après leur rupture. Les diamants et la rouille sont des références au temps qui passe et aux souvenirs : avec le temps le charbon se transforme en diamants, alors que le fer, plus noble au départ se rouille peu à peu. En clair, avec le temps les mauvais moments peuvent se transformer en souvenirs que l’on chérit et inversement.
Paroles : Sur le site officiel de Joan Baez [cliquer ici]. A noter qu’avec le temps, Joan Baez a parfois changé des paroles. Ainsi, sur le magnifique album live Ring them bells « If you’re offering me diamonds and rust / I’ve already paid » est devenu « If you’re offering me diamonds and rust / Well, I’ll take the diamonds ».
Commentaire : Baez est souvent plus connue pour ses reprises que pour ses propres compositions. Et pourtant, elle a écrit de pures perles. Il y a Sweet sir Galahad, bien sûr, chanté à Woodstock et puis il y a celle-ci, incroyablement émouvante. Celles et ceux qui ont des relations complexes avec leurs ex verront de quoi je parle.
Reprise notable : Judas Priest (!)
Vidéo : Il y en a beaucoup sur YouTube, des versions d’époque et d’autres plus récentes. En voici une ancienne.
