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  • A Propos

Interview, baby : Avenue Q en France

  • 17 mai 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 3 comments /
  • Under : Interview, baby

Troupe_2
Preuve que l'Internet n'est pas "juste pour le cul", voici en exclu sur ce blog la première interview de l'équipe d'Avenue Q, la comédie musicale de Jeff Marx, Robert Lopez et Jeff Whitty (Tony Award meilleur musical en 2004), en France. C'est l'adaptatrice du spectacle, ainsi que la future Kate Monster / Lucy LaGarce, Sauvane Delanoë, qui a gentiment répondu à mes questions. Je me ferai écho de la suite des événements ici même ou sur Regard en Coulisse. Vous pourrez les suivre vous-même en consultant régulièrement leur page MySpace. Et pour info, le site du musical sur Broadway.

D'où vient l'équipe d'Avenue Q en France ?
A spectacle particulier, équipe et troupe particulière. Avenue Q
mêlant humains et marionnettes, nous avons souhaité nous diriger vers
les interprètes qui à notre sens étaient les mieux placés pour d’une
part rester vocalement le plus proche possible de la version originale
et d’autre part tenir sur deux heures de spectacles des voix
“cartoonesques” crédibles, sans jamais perdre leur personnage (ce qui
est d’autant plus difficile que pour les interprètes qui ont des
marionnettes, chacun en gère minimum deux…). Il nous est apparu comme
une évidence que ces interprètes parfaits seraient ceux qui depuis des
années se sont aguerris dans le domaine du doublage. Donc, même si
leurs visages vous sont inconnus, leurs voix, elles, vous seront
forcément familières, pour les avoir entendues dans des séries et films
aussi variés que “Dawson”, les “Totally Spies”, “Les Super Nanas”,
“South Park”,  “le Muppet show” (avant Cauet…), “Sauvés par le Gong”,
“Les Experts”,etc.


Les interprètes sont :
Barbara Beretta,  Alexa Donda, Fily Keita, Jean Claude Donda, Hervé Rey, Thierry Wermuth et moi-même. La direction vocale est assurée par Claude Lombard, habituée des
séances de chant en doublage, et chanteuse de grand talent, ce qu’elle
prouve régulièrement, notamment auprès de Charles Aznavour depuis de
nombreuses années.

Comment vous est venue l'idée de l'adapter ?
À vrai dire, bien que je vive aujourd’hui d’adaptations
pour le doublage, et de rôles dans la même discipline, je baigne dans
la comédie musicale depuis que je suis née, puisque ma mère, Nadine
Delanoë, faisait partie en 1970 de la troupe de “Jesus Christ
Superstar” à Paris.


Toujours fascinée par ce mode d’expression, c’est après les
Rencontres d’Astaffort, organisées par Francis Cabrel (février 2000),
que j’ai décidé de me lancer dans l’écriture d’un premier spectacle. Il
s’agissait de “
Providence”,
un opéra rock qui s’est joué en mars 2003 au Trianon, dans une version
parlée/chantée, et qui a depuis été remanié pour devenir un spectacle
de plus de deux heures, intégralement chanté.


Dans cette démarche de création, je furète toujours sur Internet
(et quand je peux directement à Londres ou à New York) à la recherche
de ce qui se fait de nouveau et d’exaltant.


Je suis tombée, par hasard sur “
Avenue Q”
il y a 3 ans. Le temps de commander le Broadway Cast Album, et de
retourner deux, trois fois sur leur site, en à peine une semaine, j’ai
décidé de partir à la recherche des droits… Ce ne fut pas chose
facile, puisqu’après être passée directement par le compositeur, puis
par l’agent des auteurs, puis par leur avocat, ce n’est qu’en janvier
de cette année que j’ai obtenu les droits du spectacle (avec ma société de production, Rue Rouge Productions, productrice de Providence, et de Misery au Théâtre de Nice), gérés par MTI shows, représentés en France par Suzanne Sarquier de l’agence Drama, qui a été d’une grande efficacité et qui a su convaincre les américains de nous faire confiance. L’idée d’adapter en elle-même, je crois que c’est d’avantage une évidence qu’une idée. C’était même surprenant que personne ne l’ait fait avant, non?  Comment passer à côté d’un spectacle aussi irrésistible qui trouvera c’est certain un vaste public à Paris, comme en Province?

La traduction pose-t-elle (ou a-t-elle posé) problème ?
Oui et non. Étant une habituée de l’adaptation dans le
domaine du doublage depuis 13 ans maintenant (Practice, Brooklyn South,
Washington Police, X-Files, Sex and The City, Caroline in the City, Les
Super Nanas), la recherche des équivalences est plus devenue un jeu
qu’une angoisse… Certaines chansons ont posé bien sûr des problèmes
inédits comme “mix tape”, mais dans l’ensemble il y a peu de références
américano-américaines incontournables, et le langage, même
irrévérencieux, est assez simple.  Après, restait à transcrire
l’humeur, l’humour, le rythme… J’espère avoir trouvé les mots
justes… La troupe sera mon premier juge lors de nos imminentes
lectures, où je souhaite laisser à chacun une certaine liberté quant au
style de son personnage, pour que tous soient à l’aise avec leurs mots,
mais au bout du compte seul le public pourra valider notre travail
lorsque nous arriverons sur scène. D’ailleurs il est probable que l’on
fonctionne un peu à l’anglaise et que les premières représentations
soient des “previews” qui servent à tester différentes options, de
texte, de rimes, de jeux de mots, et même de mise en scène afin de voir
à quoi le public est le plus sensible… Car après tout c’est du
spectacle vivant, et c’est le public qui le fait vivre!

Comment allez-vous adapter les références constantes à Sesame Street, qui parlent moins à un public français ?
Le fait est que le Sesame Street américain et notre Rue
Sésame sont assez différents. Surtout le Rue sésame actuel de la
5ème, qui est une production française d’après le concept original. Personnellement, j’étais toute petite à l’époque des vrais Rue
Sésame. Et à part Macaron (Cookie Monster), je n’ai pas beaucoup
de souvenirs…. Tiens, d’ailleurs voilà une référence qui saute.
Cookie Monster est devenu Trekkie Monster (qui est en plus une
référence à Star Trek, que même les américains ont arrêté de vouloir
souligner). Doit-on adapter le nom du personnage pour le
rapprocher de Macaron? Honnêtement, je ne pense pas, et ça n’a pas
été notre démarche… Cela dit, Trekkie est la source d’un autre
problème. Comme Macaron, il parle mal et fait des fautes. Or le
simple fait d’être un monstre ne justifie pas ces fautes, puisque Kate,
elle, parle correctement. Au delà du lourd problème de conscience que ça me pose, je suis obligée de respecter scrupuleusement le
script américain, et de lui faire faire des fautes.
Pour en revenir aux références constantes auxquelles vous faites
allusion, je crois qu’elle sont surtout visuelles. Le décor est
conçu comme celui d’une émission pour enfants, à 80% de l’échelle
humaine, et il y a aussi des animations (mais chez nous, elles
dépendront de la générosité des co-producteurs…). Donc l’univers
visuel doit rester similaire (bien que le décor et la mise en scène ne
fassent pas partie des droits acquis par la société. Ils seront
sensiblement différents), et les amateurs de Rue sésame, qui auront
autant grandi que moi ne seront pas déçus!

Avez-vous trouvé un théâtre pour l'accueillir ?
Non. Pour l’instant, le dossier est dans plusieurs
théâtres, mais nous attendons des accords. Il faut dire qu’il faut
un plateau suffisamment grand pour accueillir le décor, 7 acteurs et 6
musiciens, des coulisses assez larges pour dissimuler les 49
marionnettes du spectacle, et une capacité de salle assez grande pour
payer tout le monde…. Ça laisse peu de de théâtres possibles, mais
nous espérons très vite pouvoir en convaincre un. Ou plusieurs. Mais là on aurait vraiment du Q!

Photo, de gauche à droite : Barbara Beretta, Thierry Wermuth, Jean-Claude Donda, Sauvane Delanoë, et Alexa Donda.



The Lion King (CD)

  • 12 mai 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 2 comments /
  • Under : CD, Le Roi Lion

Thelionking L’arrivée imminente du Roi Lion à Paris m’a donné envie de me plonger dans l’enregistrement de l’Original Broadway Cast. La musique est d’Elton John, les paroles de Tim Rice, avec paroles et musiques additionnelles de Lebo M, Mark Mancina, Julie Taymor (par ailleurs metteur en scène) et Hans Zimmer. Celles et ceux qui ne  sont familiers qu’avec la version cinéma retrouveront quelques classiques (Circle of life, Hakuna Matata, I just can’t wait to be king et l’oscarisée Can you feel the love tonight) et quelques nouveautés (They live in you, Shadowland, The Madness of King Scar) Pour être franc, Elton John n’est pas vraiment, d’un point de vue musical, ma tasse de thé. Pour autant, cet enregistrement de la troupe qui a créé The Lion King sur Broadway n’est pas inintéressant. Il faut pour cela remercier Lebo M, l’auteur des arrangements pour les chorales africaines qui viennent souvent en contrepoint des chansons. Sans cela et le rôle de Rafiki qui chante la plupart du temps dans un dialecte sud-africain, il faut bien l’avouer la musique du Roi Lion serait bien fade. On reste dans la variété, mais on est dans de la variété de bonne qualité. Difficile de s’enlever le Circle of life (future "Chaîne de la vie") ou He lives in you ("Il vit en toi’") de la tête, notamment…


Avenue Q en français !

  • 11 mai 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 3 comments /
  • Under : Broadway, baby

Vous en rêvez ? Certains sont visiblement en train d’y travailler. Youpi !


La Résistance

  • 7 mai 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 0 comments /
  • Under : Vidéos

South Park – La Résistance


Nouveau numéro de Regard en Coulisse

  • 2 mai 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 0 comments /
  • Under : Revue de presse

Je viens de rejoindre la formidable équipe du non moins formidable "e-magazine du théâtre musical", Regard en Coulisse. Formidable, non ? Dans le tout nouveau numéro [cliquer ici], vous pourrez ainsi lire mon compte-rendu de la conférence de presse de Stage Entertainment  à propos du Roi Lion [cliquer ici]. A lire également l’interview d’Alexandre Bonstein, à propos de la reprise des Hors la loi ah théâtre du Gymnase.


Hairspray – la bande annonce

  • 25 avril 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 0 comments /
  • Under : Broadway, baby

Pas beaucoup de temps pour poster ces temps-ci… En attendant des notes plus régulières, voici la bande annonce du remake de Hairspray.


Cabaret reloaded

  • 11 avril 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 1 comments /
  • Under : Broadway, baby, Cabaret

Ai finalement revu Cabaret aux Folies Bergère avec, contrairement à la première fois, la présence de Fabian Richard et Claire Pérot dans les deux rôles principaux – mais l’absence de Catherine Arditi, remplacée par Sylvie Neyrault. Quelques remarques :
– La Sally Bowles de Claire Pérot possède un côté salope un peu idiote intéressant. Et Claire Pérot a de la voix, c’est particulièrement remarquable sur la chanson titre.
– Fabian Richard est très bien. Mais quelque chose cloche. Je pense avoir fini par comprendre : il est beau. Les deux plus célèbres Emcee, Joel Grey et Alan Cumming ne le sont pas. Et transforment leur physique particulier en force, en charisme. Du coup, Fabian Richard a l’air gentiment décadent, quand les deux autres ont l’air carrément vicieux. On a envie de coucher avec Fabian Richard, Grey ou Cumming foutent trop les jetons pour ça.  Mais encore une fois, le Emcee français fait du très bon boulot.
– La remplaçante de Catherine Arditi, Sylvie Neyrault chante beaucoup mieux que cette dernière. Pendant les passages non chantés, on regrette malgré tout l’interprète originale.


Hey Mr Producer – You gotta get a gimmick

  • 15 mars 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 0 comments /
  • Under : Broadway, baby

Tiré de la soirée Hey Mr Producer, un hommage du producteur Cameron McKintosh à lui-même, ce clip présente You gotta get a gimmick, chanté par Bernadette Peters, Julia McKenzie et Ruthie Henshall. You gotta get a gimmick est une chanson de Gypsy (musique Julie Styne, paroles Stephen Sondheim). Trois danseuses expliquent au personnage de Gypsy que pour réussir un numéro de strip-tease, il faut avoir un gimmick. L’interprétation est assez exceptionnelle. Bernadette est fabuleuse, comme à son habitude, la comédienne et metteuse en scène Julia McKenzie est excellente elle aussi (son « Hit it baby ! » est une merveille de gouaille) et Ruthie Henshall est remarquable de vulgarité. A la fin de la chanson, le trio est rejoint par les acteurs de la séquence Sondheim de la soirée, Maria Friedman, Milicent Martin, David Kernan, Lea Salonga, Michael Ball et Judi Dench.


Dreamgirls

  • 8 mars 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 1 comments /
  • Under : Broadway, baby, Cinéma

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C’est un peu l’événement comédie musicale de cette fin d’hiver, du moins pour ce qui concerne le cinéma. Dreamgirls est l’adapatation de la comédie musicale de Broadway du même nom écrite par Henry Krieger (musique) et Tom Eyen (livret, paroles) et dirigée par Michael Bennett, à qui le film est dédié. Vous l’avez sans doute lu partout, Dreamgirls raconte l’histoire d’un girls group, les Dreams, à l’ère Motown. L’intrigue tourne autour de l’exhubérante chanteuse lead des débuts, Effie White, qui est reléguée au rang de choriste au profit d’une chanteuse plus lisse et donc plus à même de séduire un public blanc. Vous l’avez sans doute lu également, l’histoire des Dreams s’inspire de celle des Supremes, emmenées par Diana Ross. La "véritable" Effie White se nommait Florence Ballard. Elle avait une voix tellement puissante, dit-on, qu’elle devait de mettre à plus de cinq mètres du micro lorsqu’elle enregistrait. Toutefois, Effie White connaît un destin plus heureux que celui de Florence Ballard. Effie défie la Motown de fiction avec succès, alors que Florence Ballard n’a jamais pu affronter les redoutables avocats de Berry Gordy. Ensuite, la comédie musicale se termine sur une note heureuse, alors que la véritable histoire est tragique : l’ancienne leader des Supremes est morte à 32 ans d’une crise cardiaque, pauvre. Et le destin de Diana Ross est bien plus intéressant que celui de la fade Deena Jones. Le réel dépasse la fiction, une fois de plus. Cela n’empêche pas Dreamgirls d’être un bon film. Le cast y est sans doute pour beaucoup : Jamie Foxx et sa beauté froide en double de Berry Gordy, Eddie Murphy, en chanteur macho, pathétique à souhait, Beyoncé, transparente jute ce qu’il faut et surtout Jennifer Hudson, dans le rôle d’Effie, tour à tour tornade sensuelle, femme desespérée et diva au bord de la crise de nerfs. Effie est un rôle à récompense. Jennifer Holliday, en son temps, reçut le Tony de la meilleure actrice. Jennifer Hudson, ancienne  participante d’American Idol, a reçu à peu près tous les prix existants. Son interprétation de And I’m telling you (I’m not going), le morceau de bravoure de la comédie musicale, vaut d’ailleurs largement celle de Holliday. Cette chanson intervient au moment où Effie White est virée des Dreams. Les autres personnages lui disent que c’est fini. Et elle dit "qu’elle ne partira pas". Hudson insuffle alors à Effie un peu de douceur, avant de laisser exploser toute l’amertume du personnage. 
Le film est peut-être un peu longuet en revanche. Le match de performances vocales entre Beyoncé et Jennifer Hudson peut lasser au bout d’un certain temps. Et le happy end est un peu trop beau pour être vrai. On passe malgré tout un bon moment. Mon moment préféré, outre les premières notes de And I am telling you, c’est la chanson I love you I do, un grand moment de bonheur pour Effie, joie de chanter, joie d’aimer. Et c’est parce qu’on lui retire cela, au nom de l’argent que le drame de Dreamgirls est si poignant.


Liliane Montevecchi – On the boulevard

  • 28 février 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 1 comments /
  • Under : Broadway, baby, CD

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Le rire de Liliane Montevecchi. Il n’est pas un portrait, pas une interview de l’artiste française – quoique "parisienne" serait plus exact –  qui n’y fasse référence. Et de fait, sur l’enregistrement live de son spectacle On the boulevard, on n’entend que lui, ou presque. Le spectacle a été enregistré en 1997 dans un studio new yorkais devant un public restreint. Liliane Montevecchi présente une série de chansons françaises (Brel, Piaf, Ferré, Marguerite Monnot, Aznavour), mais aussi américaines (Cole Porter, Sondheim et Maury Yeston) en écho à sa carrière outre-atlantique. Dans la tradition des spectacles à la Bea Arthur ou Elaine Stritch, le tout est entrecoupé de monologues où l’interprète narre une foule d’anecdotes souvent hilarantes sur sa vie et ses rencontres (celle avec Mistinguett vaut son pesant de plumes de boa). Et ces éclats de rire, toujours. Les interprétations sont souvent de qualité, la Montevecchi a incontestablement une voix, même si la rigueur n’est pas toujours au rendez-vous (elle semble notamment fâchée avec les paroles de Brel) et que l’on est parfois surpris par les aller-retours français/anglais – public américain oblige – au sein d’une même chanson (on entend, médusé, Liliane pousser un "There was my grandfaaaaaaather / There was my grandmoooooother" au milieu de Bruxelles, commencé en français). Quand il le faut, elle sait se faire émouvante, comme sur Les feuilles mortes, le Boulevard of broken dreams ou sur Irma la douce. Dommage en revanche que le CD soit si mal édité. Les crédits, notamment, sont bourrés de fautes, que ce soit dans les titres de chansons ("Les feviles nortes") ou les auteurs. Au final, on ne peut s’empêcher de penser que Liliane Montevecchi fait figure de derniers des mohicans du music-hall à la française. L’exercice pourrait virer à la nostalgie, mais, dieu merci, le rire de Liliane est bien trop vivant pour ça.

  • Je cherche un millionnaire / For me, formidable
  • Introduction à Mon homme


Maria Friedman – Now and then

  • 21 février 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 0 comments /
  • Under : Broadway, baby, CD

Maria
Pour une actrice de musicals, l’exercice du CD solo est souvent périlleux. Avec son album de 2006, Now and then, Maria Friedman s’en sort plutôt bien. Cet album a été enregistré peu après le déménagement de la britannique à New York, afin d’assurer le lead sur le dernier Lloyd Webber, The Woman in White. Le disque s’ouvre donc logiquement sur I Happen to like New York, de Cole Porter. S’ensuit une collection de chansons tirées du répertoire de Stephen Sondheim, Harold Arlen, Michel Legrand, Kate Bush ou même Brel. Dans le livret, Maria Friedman commente chaque chanson. "Pour moi cette chanson, c’est comme se glisser dans la tête de quelqu’un et écouter ses peurs et ses espoirs les plus intimes. Très douloureux, très personnel.", écrit-elle ainsi à propos de Ne me quitte pas, chanté ici dans sa version anglaise If you go away , ou encore "Dans un monde idéal, cette chanson ne signiifierait pas grand chose pour qui que ce soit. Le monde étant ce qu’il est ces émotions ne sont que trop familières. Celle-ci est pour nous, les filles !" (merci Maria !), à propos de The man that got away.  Mais c’est évidemment, le repertoire de Sondheim qui est à l’honneur avec Finishing the hat, Broadway baby ou Children and art, cette dernière "featuring Stephen Sondheim, piano". A propos du compositeur américain, elle note : "Stephen Sondheim est tout simplement la raison pour laquelle je chante. La première fois que j’ai entendu sa musique, c’était comme si j’avais été perdue et qu’on venait de me trouver." Sa voix, jugée parfois trop fine sur scène ne pose absolument de problème sur disque et l’interprète est toujours aussi expressive, comme sur le délicieux Paris in the rain, version anglophone de la Complainte de la butte (la musique est attribuée dans le livret à Cora Vaucaire, alors qu’elle est de Georges van Parys). Un très bon disque.

  • Maria Friedman, I happen to like NewYork


« Sunday… » honoré aux Laurence Olivier Awards

  • 19 février 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 1 comments /
  • Under : Broadway, baby

La version anglaise de Sunday in the Park with George, le musical de Stephen Sondheim et James Lapine a reçu 5 Laurence Olivier Awards, l’équivalent anglais des Tony Awards, dont celui de meilleur musical, de meilleure actrice pour Jenna Russell et de meilleur acteur pour Daniel Evans. Sunday… a été monté pour la première fois à Broadway en 1984 avec Mandy Patinkin et Bernadette Peters dans les rôles principaux. Le show tourne autour de l’oeuvre de Georges Seurat, Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande-Jatte et se veut une métaphore sur la création (à travers notamment des chansons comme Finishing the hat ou Putting it together). Une première adaptation à Londres a eu lieu en 1991, avec Philip Quast et Maria Friedman (vus récemment dans Follies in concert). En 2005, le musical a été remodelé et remis en scène. L’ancienne mise en scène, que l’on peut voir en DVD, fait en en effet assez daté avec ses bonhommes de cartons et sa machine bizarre. Devant le succès de l’entreprise, le cast a eu l’honneur d’enregistrer cette nouvelle version, la première depuis l’originale. Des rumeurs faisaient état d’un possible transfert de cette mise en scène vers New York l’année prochaine. Après les mises en scène de Sweeney Todd et Company du britannique John Doyle, Londres semble s’imposer comme un laboratoire du renouveau sondheimien.

  • Sunday, 2005 London Cast (émouvante scène à la fin du premier acte où tous les personnages du tableau se mettent en place)


Follies in concert

  • 8 février 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 0 comments /
  • Under : Broadway, baby, Stephen Sondheim

folliesinconcert06Follies, de Stephen Sondheim et James Goldman, était représenté dans une version concert le dimanche 4 février au London Palladium. Il s’agissait d’un événement de charité au profit de la Starlight foundation, qui réalise les vœux d’enfants hospitalisés. Stephen Sondheim n’était pas présent comme beaucoup espéraient, il s’est contenté d’un mot dans le programme disant qu’il aurait aimé être là. Le cast était assez exceptionnel. Ce que je ne peux dire qu’a posteriori. Je ne connaissais que Liliane Montevecchi et Kim Criswell, vue récemment dans le Candide du Chatelet, qui interprétaient toutes deux des rôles mineurs. J’étais déjà familier de la musique de Follies et je m’attendais à une prestation de qualité. J’étais bien en dessous de la réalité. Cette soirée était exceptionnelle et le mérite en revient à la fois à cette oeuvre fabuleuse et à celles et ceux qui lui ont donné vie.
L’histoire : un vieux cabaret, les Weissman Follies s’apprête à être détruit et transformé en parking ; la veille de sa destruction, les anciennes danseuses se retrouvent et se remémorent la personne qu’elles étaient 30 ans auparavant ; deux anciennes danseuses sont mises en avant, Sally et Phyllis ; elles sont mariées respectivement avec Buddy et Ben. On apprend aussi rapidement que Ben et Sally ont eu une liaison, dont le souvenir continue de les hanter. Le thème principal tient peut-être dans une chanson du personnage de Ben : The road you didn’t take et cette phrase sublime : « The Ben I’ll never be / who remembers him ? ». Les personnages réfléchissent à ce qu’ils ont fait de leur vie, aux rêves qu’ils avaient, et, ce faisant, se retrouvent confrontés à un double d’eux-mêmes avec 30 ans de moins.
Le premier acte se concentre sur l’histoire de Buddy, Ben, Sally et Phyllis avec quelques intermèdes d’anciennes danseuses. On passe ainsi sans cesse du rire aux larmes. Du rire avec les numéros de Liliane Montevecchi, cabotine comme jamais ou de l’hilarante Meg Johnson (Who’s that woman ?) et des larmes avec les interprétations exceptionnelles de Maria Friedman, en Sally (In Buddy’s eyes, tout en subtilité) et Philip Quast en Ben (The road you didn’t take, d’une mélancolie absolue). A noter aussi, les excellentes interprétations de deux chansons emblématiques de Follies, Broadway Baby, chanté très jazzy par Imelda Staunton et I’m still here, interprété avec malice et fougue par une Kim Criswell ovationnée. Dommage toutefois que le final de Broadway baby soit gâché par les reprises des deux chansons précédentes (Ah Paree et Rain on the roof). Dramatiquement, c’est cohérent. En pratique, cela gâche la chanson. Surtout quand elle est aussi bien interprétée que lors de cette soirée.
Dans le deuxième acte, on assiste à un enchaînement de morceaux de bravoures chantés dans un théâtre qui en principe, doit être en train de s’effondrer. C’est sans doute à ce moment que le manque de décor s’est fait ressentir. L’émotion, de fait, était plus dure à capter que lors du premier acte. Outre le célèbre Losing my mind, c’est sans doute Too many mornings, chanté par Ben, Sally et la jeune Sally, si je ne m’abuse, qui était le plus touchant. Le tout se conclue sur la crise de nerfs de Ben (Live, Laugh, Love) et le beau finale Waiting for the girls upstairs/Beautiful girls. Logiquement, la salle s’est levée pour applaudir cette belle performance.
J’avoue que j’attends avec impatience le moment où Follies sera joué à Paris. Je crois que beaucoup mettront du temps à s’en remettre.
En ce qui me concerne, la découverte de cette soirée, c’est défintivement Maria Friedman [son site], qui a notamment joué dans le très remarqué revival de Sunday in the park with George à Londres en 2005. Elle se paie d’ailleurs le luxe d’en interpréter un titre avec Stephen Sondheim lui même au piano sur son album Now & Then, sorti en 2006 (il y a un clip, visible sur son site). Sa voix manque peut-être un poil d’épaisseur, mais elle se rattrape très largement dans l’interprétation. Une vraie révélation.

  • The Road you didn’t take, par George Hearn (Follies in concert, 1985)


Leonard Bernstein conducts Candide

  • 22 janvier 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 2 comments /
  • Under : Broadway, baby, CD

Candide
Autant sa version de West side story était empesée, autant celle de Candide est lumineuse. Leonard Bernstein a dirigé lui-même dans les années 80 deux de ses oeuvres les plus célèbres, composées pour Broadway. Cette version de Candide (créé en 1956) a été enregistrée en 1989, peu de temps avant la mort du chef d’orchestre et compositeur. Dans le rôle de Candide, Jerry Hadley est parfait, June Anderson campe une Cunegonde d’une grande tenue et son Glitter and be gay rivalise sans problème avec ceux de Natalie Dessay et Barbara Cook. A noter aussi la présence d’Adolph Green, de la paire Comden/Green dans les rôles de Pangloss et Martin, tenus récemment par Lambert Wilson au Chatelet. Je crois qu’on peut apprécier cet enregistrement sans nécessairement connaître l’oeuvre de Voltaire ou son adaptation opérette, mais cela aide incontestablement. Le concert de 1989 a été filmé. On trouve quelques extraits (les titres les plus anodins d’ailleurs) sur YouTube. Les morceaux de bravoure sont trop nombreux pour être cités.

  • Westphalia Chorale (YouTube)
  • Old woman : I am easily assimilated, par Christa Ludwig (YouTube)
  • Make our garden grow, dans ma Radio Broadway

Yvonne de Carlo : 1922-2007

  • 11 janvier 2007/
  • Posted By : Xavier/
  • 0 comments /
  • Under : Broadway, baby, Six Feet Under

Senoravega2
Dans le monde du théâtre musical, Yvonne de Carlo (ici dans le Masque de Zorro), dont on vient d’annoncer le décès, est surtout connue pour avoir fait partie du cast original de Follies, de Stephen Sondheim. Ce dernier a d’ailleurs écrit l’une de ses chansons les plus appréciées, I’m still here, après une discussion avec Yvonne de Carlo. Il devait lui écrire une chanson et séchait. Il s’est assis avec elle et lui a demandé de raconter sa vie. Ce qui a donné I’m still here, qui raconte le parcours d’une comédienne-chanteuse dans l’Amérique du XXè siècle.

"First you’re another sloe-eyed vamp / then someone’s mother / then you’re camp…"

  • Yvonne de Carlo : I’m still here (Sondheim)


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